Le revolver Colt .44 « Gold Rush Begins »
de Pietta

Par Jidé le 12 avr 2011



Jidé Got His Gun !


Quand la première photo du nouveau Pietta a paru, je me suis demandé : « Y a-t-il une plus belle arme au monde ? »


Maintenant que je l’ai en main, je connais la réponse…



La gravure qui a fâché les fâcheux  : le nom choisi par Pietta est en effet un peu débile (Army ? Police, Sheriff ? 1860, 1862 ?)…

Les forums se sont déchaînés, certains confondant les petits gabarits Police à 5 coups, d’autres les barillets flutés en calibre .36… Heureusement les vrais amoureux (comme moi) ont déniché une « ruée vers l’or » plus tardive que celle de Charlot et qui concilierait le court .44 (mais dont la carrure est celle d’un vrai Army) et la crosse bec de corbin (bird head) arrivée tardivement vers 1877. Merci à Cibles n° 490 d’avoir trouvé une explication et merci pour sa très bonne critique de l’arme. [Les collaborateurs de Jidénet peuvent emprunter ce magazine à la bibliothèque.]


Avant le stand, quelques vérifications… D’abord, le plus important : la clavette est-elle (comme trop souvent) enfoncée en usine au marteau-pilon, devrons-nous limer un demi-millimètre d’acier pour la rendre utilisable ? Non, elle est parfaite, au micron .


Démontage sommaire : l’arme est bien huilée, partout où il le faut, les vis, les cheminées se dévissent sans effort et donc sans abîmer les pièces. L’espace entre canon et barillet est de zéro (l’encrassement au tir sera à vérifier). Deuxièmement : le poids de la détente se mesure, je pense, en centaines de grammes…


Troisièmement : le court refouloir pourra-t-il enfoncer les balles ? (On en a lu, des c*nneries là-dessus !)

J’ai choisi des .451 Balleurope : avec un chiffon pour protéger la main, le refouloir est parfait, un petit copeau circulaire se détache proprement à l’enfoncement… On le voit bien ici, une fois la balle d’essai retirée.


Le saviez-vous ? Ceux qui disent que les rayures du canon étaient orientées vers la droite pour les Sudistes et vers la gauche pour les Yankees sont des crétins… Ils sont heureusement rares…



J’ai choisi pour le premier jour une dosette de 1,05 gramme de PNF2…



… dans mes « éprouvettes » habituelles à base d’étuis de .222 (les collets noirs contiennent la poudre, les autres contiennent la semoule ; l’étui fait entonnoir, on n’a jamais chargé si vite un barillet, même de .31)…


Dernière tâche avant le pas de tir : adapter la potence de chargement à la crosse très courte, une petite cale spéciale est préparée (en fait, il en faut une pour chaque arme…).


Demain, à 25 mètres, ça va péter !

À bientôt… Amicalement, Doc Jidé

Premiers tirs !


Autant commencer tout de suite par cette citation du magazine Cibles, dont je parlais hier : « Tout ira mieux après un rodage d’une centaine de coups… »
Parce que.. il y a eu des hauts et des bas… avec les 25 boulets tirés aujourd’hui.

Les bas d’abord :
— L’entrefer très serré est trop serré ! Du coup on doit nettoyer l’avant du barillet à chaque six coups tirés.
— La rotation du barillet est vite freinée (saleté ?) au point qu’on imagine à tort une amorce coincée sous le barillet.
— [Pas propre au Gold Rush :] le système de visée est nul, surtout si l’on doit contreviser dans une zone blanche de la cible.
— [Pas propre au Gold Rush :] la mise en place des amorces est bien plus sympa qu’avec les Rem où l’on doit pincer pour que ça tienne. En revanche, elles ne partent pas toutes seules une fois tirées, pince à becs fins obligatoire deux fois sur six.
— Arrosage de la cible… Cinq trous sur treize sont dans le noir et des flyers de légende dans le « un » ou le « deux »… Espérons que ça ne soit pas dû au court canon (5,5 pouces).

Les hauts ensuite :
— Très grande facilité d’insertion des boulets de .451 malgré le petit refouloir.
— Poids et qualité de détente : match !
— Très grande facilité de dépose/repose du bloc canon-refouloir (clavette à la taille idéale).
— Crosse bien en main ; le busc fait qu’on la tient toujours à l’identique.

Prochaines fois :
— Un peu plus de poudre (1,2 gramme).
— Surtout : d’autres boulets (.454).
— Entrefer plus marqué (par moindre enfoncement de la clavette ?).
— Autre marque d’amorces (?).
— Étude d’un guidon carré plus haut ? (Du boulot…)
— Pluss d’expérience des revolvers Colt en général (à carcasse ouverte)… Je ne suis pas Colt-friendly, c’est la beauté des courbes du 1860 qui m’a ensorcelé…

« Tout ira mieux après un rodage d’une centaine de coups… »

À bientôt… Amicalement, Doc Jidé


Post-scriptum : bien lu vos commentaires sur mes mésaventures dans le forum poudre noire et je vais donc changer de boulets et de charges.

Hélas, ce vendredi mal à l’épaule (trop de 357 la veille), et poudre noire remplacée par air comprimé 10 mètres :—( Plus tard donc, la suite de la ruée vers l’or…
—Jidé


14 réponses

L’arme a été achetée à la Sellerie du Thymerais, chez « Slye et Rio » (près de Dreux) qui non seulement sont très sympathiques et totalement passionnés mais en plus ont pratiqué sur cette arme un tarif sortant de l’ordinaire !!! (350 euros)
http://www.selleriegb-28.com/

Joli :O
Le « truc » qui bouge, sous le canon, l’espèce de levier sert a quoi, au démontage?

Ðoc Jidé : À forcer le boulet à rentrer dans le barillet après avoir mis la poudre


Au fait tu peux refermer l’étui de 222 avec une douille de 22lr

Ðoc Jidé : NON, ça marche po !!! Tu dois confondre des calibres.

Très belle acquisition jidé!!

Son look est vraiment superbe je trouve!

PS: Le « levier » ca sert a pouvoir enlever ( et aussi mettre) le barillet il me semble

Ah oui, on voyait le levier dans le sujet sur le démontage de revolvers PN

Si sa marche, avec les douilles 222 Remington RWS et les douilles 22lr Remington Thunderbolt (quand elles ont été tirées)

Il est vraiment beau, alors si en plus sa détente est bonne le seul point négatif serait ses organes de visées ? Bha ! Tu as le target 12″ pour ça ;)

Ðoc Jidé : Trop triste de contreviser * et d’avoir des résultats cradingues… Quand j’aurais trouvé le bon boulet et la bonne charge, j’attaquerai le guidon. De toute façon comme je tire toujours plus haut que tout le monde, des guidons, j’en ai faits (rehaussés) à la pelle depuis 30 ans (y compris pour le Rem 12 pouces !!! dont la hausse ne « descendait » pas assez bas…)
* J’ai pensé à toi st’aprème en contrevisant (2e cible collée plus bas) avec le CZ-75 Shadow ; quel plaisir, cette arme en 9mm, y compris en tir à une main !!! Sur ce dernier point, le Glock peut aller se rhabiller :-) ))


Robin : Yes !! Ce n’est pas le sujet de l’article mais le Shadow est un régal, j’aime beaucoup le « simple » 75B aussi. Par contre c’est dommage de contreviser avec :) , idem pour le colt, j’ai hate de voir ton « attaque » du guidon, que vas tu nous proposer pour compenser l’atroce visée colt pn ?! Vivement la suite !

Ðoc Jidé : un guidon carré large (3 mm) en laiton (noirci ?) fixé à cheval sur le petit guidon actuel (© Jidé), et peut-être un cran de mire carré au lieu d’un « V »…

Tu essayera les douilles Jidé, sa marche

Ðoc Jidé : Trop tard, j’ai quatre boîtes toutes faites (4×50) avec donc 100 coups (50 semoule, 50 PN), je ne changerai plus de calibre de dosettes avant 25 ans !!!

Test juste pour JAGD :

Réponds à ce commentaire !!!

ce revolver est vraiment beau, j’attends avec impatience la suite des essais…

Ðoc Jidé : demain 23 avril si tout va bien…

C’est juste un système pour refermer tes douilles et ne pas en foutre partout…

Ðoc Jidé : j’avais bien compris !!!

Hello Doc !
Vous avez l’air d’un connaisseur en poudre noire et en Pietta en particulier, aussi j’ai une question à vous poser. Il y a quelques années, j’avais trouvé mention dans un n° du Hussard de l’existence justement chez Pietta d’une copie de la fameuse pétoire confédérée Augusta Machine Works avec (si vraiment reproduite à l’identique) ses douze encoches d’arrêtoir de barillet. Elle était répliquée sous un nom de fantaisie que j’ai oublié. Est-ce que cela vous dit quelque chose ? Je n’ai pas retrouvé trace de ce modèle dans leur catalogue. — Merci. — Double Rhum

Ðoc Jidé : Désolé, Double Rhum, je n’ai jamais entendu parler de cela :¬( Pourquoi ces douze encoches ? Pour reposer le chien en sécurité ?
Il y a un peu de pages et de photos avec les mots-clés :
« Augusta Machine Work » Pietta
sous Google…

P.-S. — Tu es partisan de la célèbre formule des ivrognes du Vatican : « Cinq bières, deux rhums » ?

Ouais ! « Dix verres six tasses les gars battent », telle est ma devise ! Non, en fait je suis sobre comme un chameau dans le désert !
Oui c’est ça, ils avaient doublé le nombre d’encoches pensant ainsi améliorer la sécurité. J’ai retrouvé son nom chez Pietta : Reb Nord Navy, mais il n’a que six encoches comme les premiers  Augusta Machine Works, donc pas assez exotique pour en faire l’acquisition.
 

Salut doc,
serait il possible d’avoir une photo du système de visée un de ses quatre?
Niveau prise en main il est comment (la poignée un peu spéciale par rapport au autres ne « changent  »pas trop?)

Ðoc Jidé : Visée classique : un fin « V » gravé sur le haut du chien, un fin guidon en quart de cercle…
La prise en main est plutôt « petites mains » ; la butée de bois (le busc) entre pouce et index vient limiter le déchaussement, et permet de mieux retrouver toujours la même position de main, ce qui est un gros souci sur les revolvers type « cow-boy ».

Salut Doc Jidé !
Effectivement… Mis à part peut etre un bon vieux révolver le matt (pietta) il n’ y a pas plus belle arme au monde !
As tu toujours ce revolver en ta possession et si oui, te donne t’ il toujours toute satisfaction.
Il me plait bien aussi et c’ est peu dire !
Alors je crois que je vais me faire plaisir.
Merci pour ton article et tes photos.
A bientot

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