La carabine Winchester 1866 Uberti .22LR
“Yellow Boy”

Par Jidé le 24 juin 2016





(Sur la winchestéromanie hystérique de Doc Jidé, allez voir le haut de la page précédente !) Celle d’aujourd’hui, en tout cas, est la toute première, achetée avec ma toute première paie officielle en… 1966 (à vue de nez) près des Halles de Baltard. Vendue, revendue, puis rachetée enfin et, depuis, chérie comme la plus belle !

Allez, on commence par les “moins” ?


N° 1 des “moins”, tout confondu, le poids ! Un âne mort, comme on ne disait pas encore à l’époque : 3785 grammes… La masse du bronze massif usiné [N.D.L.R. Cette photo montre une 1866 originale.]…



… qui fait toute l’arme (et son nom), du bois d’arbre véritable, et certainement le tout petit trou de 5,56 mm foré dans l’épais canon, qui devrait normalement être super-allégé par un vrai gros trou de diamètre 11,2 mm (le .44 était le calibre d’origine, soit juste le double…)…

Dans ces temps anciens (1966 donc), on ne tirait pas assis sur une chaise, avec l’arme sur une table (ça aurait fait drôlement rigoler), et nos essais furent conduits couché avec un sac de sable… De ces essais, EX-CEL-LENTS, on parlera plus tard.


“Moins n° 2” : comme souvent, les sécurités inventées par les fabricants récents apportent aussi leur lot de soucis ; par exemple à cause de la partie “a”, il faut appuyer le levier de sous-garde de toute sa force vers le haut pour permettre d’actionner la détente ; c’est quelques kilos d’effort (calculé pifométriquement) pour les trois plus petits doigts de la main forte et le reste laissé à l’action décisive de l’index. Une pure cata… [Si cette sécurité existait aussi sur une vraie 1866 veillez à me le faire savoir !] Après quelques années, j’ai supprimé le ressort responsable de cette gabegie. L’index (affecté dorénavant à cette détente seulement) ne travaille plus que pour quelques centaines de grammes. En “b” un autre tout petit moins mais “respect”, c’est d’époque — une sécurité qui fait que le levier de sous-garde ne peut pas s’ouvrir tout seul.


“Moins n° 3” : Faute de place, Uberti n’a pas reproduit le volet de chargement latéral… Snif… (Remarquez les traces de doigt qui ont tourné au vert-de-gris…

… Ce gros plan en noir et blanc vous fera mieux voir le mauvais entretien de cette vieille dame. Mais je fais face à un dilemme ; si je nettoie toute les parties en bronze (et on ne peut pas le faire à moitié) est-ce que je n’obtiendrai pas une arme de foire outrageusement brillante, comme les Golden (Yellow) Boy qu’on voit en vitrine ?) Vous comprenez maintenant combien j’ai apprécié le métal patiné de la Walther…
L’extrémité du canon montre un guidon traditionnel, qui “va bien” avec la visée cowboy à laquelle on est habitué. [N.D.L.R. Non, on ne s'habituera jamais à cette visée de m* dont je vous parlais déjà la dernière fois...]

J’ai construit un guidon porte-tunnel — un peu anachronique — que je monte seulement quand je veux m’amuser à faire du point.)
Sous le canon une tige à ressort qui renferme les 10 cartouches de 22 à la queue-leu-leu — c’est pas le rêve pour simuler la 1866 et ses balles de .44 mais bon, toutes les .22LR sont comme ça (Winch ou pompes)…


Les systèmes de visées possibles



  Bien sûr la tête de buffle (buckhorn, cf. la page sur la Winchester Walther
où ce sujet hypersensible a été traité avec ma traditionnelle hypersensibilité). Sur cette photo très folk (voir les clous sur la longuesse), un modèle très court ; celui de droite utilisé en position verticale est plus courant…



Ci-contre, un drôle de numéro où le tireur a mixé une hausse buckhorn et une autre hausse à dioptre “tang”, ceci donnant un résultat bizarre — attention, tout ça provient d’Internet où n’importe quelle connerie peut-être affichée et glorifiée pour l’éternité…


Perso, j’ai choisi comme Blondin du film le Bon, la Brute et le Truand ! Vous vous souvenez ? Tuco a une corde de chanvre autour du cou, on va fouetter les fesses de son cheval et il va rester pendu ! Mais Blondin prend son temps pour ajuster la hausse de sa carabine, afin de trancher la corde — tout son temps… et sur un cheval qui bouge… et en posant l’arme sur son avant-bras. (Allez sur Google avec les mots clés “tang sight” et images). [N.D.L.R. Soyons franc, dans ce film Blondin n'a pas une Winch mais une Sharp 1874.]


Un autre modèle de visée tang, plus compact, plus récent, mais plus rustique au niveau de la précision des réglages est plus courant encore sur ces pages de photos . Vous le reverrez sur la troisième Winchester que je vous présenterai, la .357 Rossi… (it is a Marble Arms® Peep Tang Sight).

Ces matériels sont difficiles à trouver car il y a les modèles artisanaux haut de gamme pour les connaisseurs et les merdouilles pour les touristes (hélas presque aux mêmes prix et chez les mêmes vendeurs (!)…. Mon premier avait été acheté assez cher sur un site qui “faisait sérieux” ; hélas, c’était un montage bâclé, un châssis estampé — peint avant même qu’on en eut limé les bavures ! Récupérable, certes, mais gonflant. J’adorerais en acheter un autre, de haut de gamme, mais je demanderai à le voir avant de payer.


Au passage notez que tang n’est pas le nom du blanchisseur chinois qui a inventé le truc, mais c’est ainsi qu’on nomme la partie étroite de la crosse, juste derrière le chien, et par laquelle on porte la carabine… On fait fraiser des trous dans cette partie métallique pour y fixer les hausses tang !



La suite bientôt, donc !… Amicalement, Doc Jidé



1 réponse

Bonjour jidé,

Tout d’abord, bravo pour l’ensemble de ton « travail ».
Apparemment tu as monté un dioptre Pedersoli sur ta 1866, on ne voit pas bien sur la photo mais as tu réutilisé la vis d’origine coté crosse ou a tu percé 2 nouveaux trous et au niveau de la prise en main est ce que le dioptre ne gêne pas pour le pouce ? Cordialement Roméo

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