Les montages et les optiques : un tour d’horizon (2)

Par Jidé le 24 avr 2011

S  o  m  m  a  i  r  e
I. LES RAILS ET LES MONTAGES
Les rails
Les montages (anneaux)
Un exemple pratique
Exceptions et particularités
Les montages pour pistolets automatiques
• Passer d’une norme à l’autre
Un défaut courant des rails 11 mm

II. DIFFÉRENTES VISÉES
Visée ouverte, fermée, optique : qu’est-ce ?

III. POINTS ROUGES, LASERS
Les points rouges
Un combiné lunette-point rouge-oeilleton…
• Les lasers
IV. LUNETTES DE VISÉE
Lunettes de bas de gamme
Lunettes pour pistolets et revolvers
• Hors-texte : les carabines “scout”
• Lunettes à grossissement moyen
• Lunettes à fort grossissement
• Lunettes standard

V. DIOPTRES


• Commentaires des lecteurs

II. DIFFÉRENTES VISÉES

Visée ouverte, fermée, optique…


Visée mécanique ou métallique (pour différencier de « optique ») ouverte :

Hausse et guidon. Au loin, la cible floue.

La partie la plus près de l’oeil est la « planchette de hausse ».
La hausse peut être appelée « mire » ; le « trou carré » dans lequel on voit le guidon sera alors appelé « cran de mire ».

Certains de ces « trous » sont réglables en largeur pour s’accommoder de différentes conditions de luminosité… De même, les guidons peuvent être interchangeables.

Une hausse enfermée dans un gros tunnel pare-soleil (tir longue distance sur silhouettes métalliques) reste une hausse et ne devient pas un dioptre ou oeilleton.
Attention à cette phrase : « Ce pistolet me tente en visée ouverte, car j’ai déjà un open. » Dans ce cas, « open » (« ouvert » en anglais) ne veut pas dire « visée ouverte » ; ça signifie « j’ai déjà un pistolet en visée red-dot, ce qui le place dans la catégorie des armes open », les armes sur lesquelles on a le droit à tout ajouter… « Open » comme dans « tournoi open » !




Visée mécanique ou métallique (pour différencier de « optique ») ouverte :

Hausse et guidon avec adjonction de points lumineux (fibre optique, Truglo, tritium phosphorescent radioactif). Au loin, la cible floue (peu floue, elle n’est qu’à sept mètres).

Visée mécanique ou métallique (pour différencier de « optique ») fermée :

Dioptre (ou oeilleton) et guidon.
La cible est moins floue.
Visée mécanique ou métallique (pour différencier de « optique ») fermée :

Dioptre et guidon tunnel ; le tireur choisit la forme du guidon, ici il entoure la cible (moins floue). C’est le style carabine 10 mètres air et 50 mètres classique.
Visée optique fermée :

Lunette de visée : ici un réticule en forme de croix, plein d’autres formes sont possibles adaptées au tir, à la chasse, à la guerre.
Certaines lunettes grossissent plus ou moins (zoom).
Certains réticules sont éclairés.

Visée optique fermée :

Vue cotée d’un réticule Mil-dot (nom propre). Mil ne veut pas vraiment dire militaire mais milliradian (mesure d’angle).
Voyant une cible d’une hauteur réelle connue, on connaît sa distance grâce à sa hauteur en mils (taille de la cible en mètre x  1000 /nombre de mils = distance en mètres ; un exemple ici). Ou au contraire, à distance connue, on contrevise d’un certain nombre de mils en cas de vent…

Attention : un mil n’est pas du tout un MOA (minute d’angle). Attention : un mil de l’O.T.A.N. n’est pas tout à fait égal au mil mathématique, ni au mil russe, ni au suédois (approximations - simplifications dues aux militaires de chaque camp !).
Visée optique fermée :

Vue de la cible dans un red dot (ou point rouge).
Attention : pas red hot !
Les points rouges peuvent être rouges, verts (jaune sur le schéma pour être mieux vu)… La taille ou la luminosité peuvent être réglables. Ils fonctionnent sur des piles (attention au type, choisissez des types courants).
Un red dot ne grossit généralement pas. On tire les deux yeux ouverts.
Visée optique ouverte :

Vue de la cible pointée par un faisceau laser visible. La cible est physiquement éclairée par la lumière.
Peut être rouge ou vert (jaune sur le schéma pour être mieux vu.). Fonctionne avec des piles (choisissez des types courants). On tire les deux yeux ouverts.


FAQ • Peut-on choisir sa visée ? — Non, pas en tir sportif, chaque discipline a sa visée à elle. • Sur les schémas, on a fait figurer en exemple les cas courants, écureuil en tôle = lunette (Field Target), quille = Truglo… • Tout ce qui est dit ici théoriquement est valable pour toutes les gammes. • Tout ce qui est dit ici pratiquement est valable pour le tir de loisir (ordre d’idées, p. ex. red dot ou laser de loisir = 30-200 euros, de guerre = 1300 euros).



III. LES POINTS ROUGES (red dots)


Ces accessoires permettent de ne pas se préoccuper d’organes de visée : plus de hausse et guidon, plus de flous à négocier… Aussi sont-ils une aide à la pédagogie (c’est mon opinion, elle sera mise à mal par les grands sportifs), ainsi qu’une bénédiction pour les tireurs bigleux et/ou soixantenaires.
On regarde la cible à travers un écran transparent, un point rouge apparaît, on le pose sur la cible, les yeux ouverts, et pan ! Le point (immatériel) n’est visible que par le tireur, et seulement quand la cible est bien en face.
Quatre familles de « red dots » (« points rouges » en anglais) :
ÉCRAN, TUBE, MICRO, MILITAIRE ; ces catégories sont les miennes, je ne sais pas si d’autres auteurs se sont préoccupés de donner des noms ?

 RED DOT ÉCRAN 



Mon chéri à moi , léger, pas cher, bas sur pattes et compact, et surtout amphibie « 11 et 22 mm » (tous les types de rails possibles !), vendu sous le nom Walther ou Swiss Arms, modèle Competition. Se trouve parfois en boutiques en France, à des prix corrects, n’obligeant pas à l’achat chez Waffen Ostheimer (inférieur à 50 euros).



Une fausse hausse (trait blanc) permet l’utilisation éteint, et le pointage rapide. Comme tous les red dots, on a une pile, un rhéostat de puissance (luminosité, de 0 à 11), deux vis Allen de réglage haut-bas droite-gauche, et les griffes pour le rail (Allen aussi). Notez qu’on n’a pas à acheter un quelconque autre support sur une arme vendue avec rail (HW-40, Zoraki, Röhm Twinmaster, Fein 65, tous les revolvers, toutes les armes longues !). À essayer avec vos lunettes de vue, ou vos lunettes de tir ou sans rien, selon votre goût après essais.



À part deux défauts communs à tous les red dots de bas de gamme (eh oui, 50 euros = bas de gamme ; les « vrais » tapent à 900 et quasi autant pour le montage…), la taille du point varie avec le réglage de luminosité, et le point n’est pas un cercle parfait, plutôt une « patate »… il n’offre autrement que des qualités, j’en ai monté trois sur différentes armes de poing et même carabines .
Le montage « dans le vide avec une seul pied » n’est possible (mais reste déconseillé) que sur une arme A.C. douce, sans aucun recul, comme cette divine Fein… Monté sérieusement sur ses deux pieds, il supporte le tir de 22 Long Rifle sur (par exemple) un méchant pistolet Ruger Mk. III ou sur une gentille carabine TOZ-78.



Le type « red dot écran » se trouve sous d’autres formes et d’autres marques.



Mon autre choix bien meilleur techniquement, mais n’offre pas la possibilité de rail 11 mm (22 mm seulement). Plus cher également. Possédé (d’occasion) depuis un an, il n’a été sérieusement « bench-testé » que cet après-midi…



Ce red dot Walther-MDS tout métal possède un réglage de diamètre de point, en plus de sa luminosité. La forme de ce point est toujours parfaitement ronde (eh oui, c’est rare… le patatoïde règne sur les entrées de gamme). Il semble consommer très peu (oublié plusieurs semaines allumé, il n’était pas mort.) Le montage sur rail est particulièrement énergique. Il coûte 119 euros chez l’excellent vendeur ArProtech : voir ici.
Pour clarifier nos affaires, ce Walther n’est pas réglable avec la même clé Allen que le précédent, et les vis « up » et « r » sont à un endroit différent… En revanche elles sont à clics, ce qui est plus que rare aussi. Un terrible point rouge !

 RED DOT TUBE 



Il y a les gros tubes… Diamètre 40 mm, comparable à la cible canette ! Je sais que le diamètre d’une optique assure une meilleure qualité, mais là il doit y avoir exagération… Tous vendus en Picatinny, même si Doc Jidé les monte (en plus !) sur des supports convertibles 22-11 mmm « maison » :



Il y a les tubes normaux ( un pouce, 12,7 mm) qui réclament un ou des anneaux de montage en 11 ou 22 mm.



Utiles, beaux, gracieux, comme sur ce Röhm (dont le rail ne fait pas une dimension normalisée — un peu petit : il lui faut des anneaux de 11 mais à large débattement)…
Pour les red dots « tube » la gamme va de 75 à 1400 euros.


Tube aussi, ce Sutter à l’allure martiale (tri-rail pour les élites masquées qui aiment fixer dessus un projecteur xénon, un laser et une lunette 2-60×80)



… qui est vert ou rouge au choix, et grossit deux fois. Bon achat pas cher (je pense que Sutter « trie » les optiques chinoises et n’importe que les moins pires ; en tout cas j’ai toujours été content du rapport qualité/prix.)

UN RED DOT TUBE « À PART » : LE BUSHNELL TROPHY


Ce red dot de milieu de gamme (100 dollars + port, beaucoup moins lors de mon achat aux U.S. chez OpticsPlanet, avec promo + achats groupés) possède des qualités sortant de l’ordinaire :

un seul pied est suffisant (bravo pour le Zoraki ) ;
 réglage de luminosité sur 11 niveaux (2 ou 3 niveaux, ça n’est pas du tout suffisant) ;
 réglage de forme du réticule : croix, croix dans un cercle, petit rond, gros rond…
 extinction du point si l’arme est posée sur la table (enfin !!!)
 corps de 30 mm mais avec anneaux Weaver-Picatinny directs… donc ultra-bas ;
 et surtout grande qualité de l’ensemble (un point rond qui soit vraiment rond ça n’est pas un pléonasme, beaucoup sont patatoïdes…).

Nota bene : il n’est pas sûr que l’on puisse acheter en ce moment [2013] de l’optique aux U.S.A. (politique fédérale de limitation à l’export). Au cas où, voici quand même l’adresse : www.opticsplanet.com/bushnell-trophy-1×28-red-green-riflescope.html. On peut le trouver ailleurs mais attention au prix.





 RED DOT MICROS 

Minuscules, ultra-légers, montage incorporé… Ils sont à tube ou à écran et possèdent tous les réglages des grands frères. La gamme est aussi étendue (le Fuzyon ci-dessous à gauche, parfait, fait 150 € ; le célèbre « Docter Sight » est bien plus cher ; le second photographié est un Walther qui a une tare, un réglagle de luminosité à deux positions, petit point invisible ou énorme point en trèfle à quatre feuilles éblouissant…)…



Un « micro » de moins de 20 grammes ne risque pas d’alourdir un pistolet d’un kilo deux !



FAQ • Le point rouge est-il autorisé en club ? — Aucune discipline sportive ne fait appel au point rouge (à part le T.S.V.*), donc ce sera peut-être mal vu… • Piles « normales » ? — Non, petites ou grosses plates genre photo ou horlogerie… Vérifier le prix des piles avant d’acheter un accessoire, ça bouffe car on oublie toujours de les éteindre… ou les acheter en gros à Hongkong… • Y a-t-il des problèmes [ou des réglages] de parallaxe ? — Je n’en ai jamais rencontré et à ce jour nul ne peut le certifier. Une réponse donnée dans les commentaires de bas de page a dégénéré en pugilat et tout a été supprimé. On peut consulter le lien suivant , plein de détails techniques et d’optique :










Un red dot à trois vitesses, notre ami Alexandre a trouvé ça sur Internet…

Une carcasse de type ACOG, un célèbre modèle militaire de chez Trijicon (on ne vous dit pas quel est son prix “en vrai” !) abrite une lunette 4x, qui va servir à une prise de visée longue distance, quand on a bien son temps…

Juste au-dessus, un micro red dot de type Docter Sight (même gamme de prix), luminosité automatique, extinction quand on remet le cache… Prise de visée rapide les deux yeux ouverts…




Ci-dessous , flèche bleue la lunette, flèche verte le red dot.

Mais le fin du fin, c’est en plus de tout ça une visée combat (flèche jaune) avec guidon et oeilleton !


Tout ça marche bien, on apprécie de ne plus oublier le red dot allumé (!), et ça rend furieusement sexy une Beretta CX-4, ou les UZI et MP-5 à BBs… voire la Desperado !!!!!



La suite bientôt… Amicalement, Doc Jidé


1 réponse

Le message n’était pas placé au bon endroit désolé!

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