La carabine “Winchester” de Walther
CO2, barillet 8 diabolos 4,5 mm

Par Jidé le 6 juil 2016





Carabine à répétition par levier de sous-garde

review par Jidé mais grâce au “gun-sitting” !



Il est évident que les armes longues les plus adorées des amateurs (génération baby-boom et génération X, c’est-à-dire typées western) sont sans conteste de la “famille Winchester”, c’est-à-dire à répétition par action sur un levier se trouvant sous l’arme. J’en ai moi-même essayé ou possédé une bonne vingtaine, dont un vrai modèle de bébé cow-boy que j’ai eu le plaisir de me racheter de nouveau à soixante ans (une Marlin ultra-précise à BBs acier, à voir par exemple ici), puis une version Airfix (maquettes à coller, en pur plastique, poids 300 grammes), puis plus récemment une Mossberg 464 .30-30 “tueuse de mouches ”, à voir ici — dont je ne pouvais hélas rien faire d’intéressant (cinq premières balles = cinq mouches, que faire de mieux), puisque condamné comme Parisien à des pas de tir de 50 mètres ; une Rossi encore, mais en .38/.357, au jaspage extraordinaire ; une 1866 italienne Uberti en .22LR modèle Golden Boy (voir ici) (ultra-lourde, merci la carcasse tout en bronze), des années 80…

Et j’ai tiré de nombreuses .22, des .38-40, des .44-40, des .44 Magnum, et cetera… Je baigne dans les Winch, même sans compter mon “gag” récent avec la célèbre Mare’s Leg de Steve McQueen/Josh Randall en 6 mm à ressort !…

Pourquoi, alors, m’en fallait-il encore une ?


Seul un collectionneur maniaque pourrait expliquer cette folie… et me la pardonner.

 
L’allemand Walther fabrique depuis toujours une version à CO et à barillet pour diabolos de 4,5 mm destinée au tir de loisirs en chambre ou dans le jardin… Marque réputée, certes, mais ses Winchester (made in Germany !) me paraissaient hélas vraiment très chères et de pluss esthétiquement discutables… soit noir, soit inox, soit en cuivre éblouissant…


Bof donc… jusqu’à ce que je voie arriver la toute dernière (Expo IWA 2015), modèle 1892, dite “Duke” (d’après le surnom de John Wayne, qui était trop costaud pour utiliser des leviers de sous-garde de taille standard et qui exigeait des anneaux immenses).

À cent euros de moins que ses confrères et un bonus de 22 euros pour “arroser” la nouvelle venue, l’armurerie Tir Loisirs d’Auxerre a été choisie aussi par l’offre de “reprise si insatisfait dans les deux semaines” — pourquoi une telle méfiance de ma part ? Parce que l’arme était décrite comme tout en vrai bois et en métal “imitation laiton vieilli”. Ouh là, là, qu’est-ce que c’est que du laiton vieilli ? J’étais bien content d’avoir cette assurance de quinze jours. (Soit dit en passant, ce commerçant est sans doute le seul à présenter sur Internet des reviews sous forme de films YouTube au contenu adéquat ; son catalogue est également un des plus fournis en armes, même les plus improbables (je pense à toute la gamme des Desert Eagle dont le prix doit faire cauchemarder plus d’un responsable de la rotation des stocks).

J’aurai du mal avec mes photos à faire ressortir l’art du maquilleur qui a su patiner ce métal jaune… mais en tout cas mes peurs originelles se sont évanouies ; ce laiton patiné est beaucoup plus beau que du vrai laiton/bronze sale (saleté et oxyde “vert-de-gris” dus aux traces de doigt, comme sur ma Golden Boy). Le noir du canon et des accessoires (y compris pur plastique) est profond et mat.

Le bois aussi est de belle facture (lavé, non brillant, clair…). Les veinures sont beaucoup plus belles que sur les autres modèles et permettent d’apprécier la taille à coup de serpe visible (ce “Y” juste au-dessus du levier et en arrière — voir la première photo en haut).
 



L’ouverture de la partie où l’on place le barillet (flèche bleue ; le modèle commun à toutes les Walther à barillet) est déclenchée par l’appui sur le volet de chargement des balles (flèche jaune) de l’arme réelle ! Intelligent !



Passons au tout-plastique : le guidon est réglable en site (droite-gauche) par coulissement. Il s’agit de pifométrie, et je signale aussi qu’il vous faudra le surveiller, qu’il ne rérègle ou ne s’enfuie pas lors du rangement de la carabine dans son scabbard (fourreau)…

La hausse est bien sûr une “hausse crocodile” (voir Google) qui se règle, pifométriquement aussi, en repoussant un bouton sur le dos cranté de la bestiole. On aime ou pas, mais c’est la tradition ! En revanche, Walther a dit tourné le dos à la tradition pour la planchette de hausse, un vrai beau carré et un cran en “U” qui est parfait…



… loin de la forme scandaleuse (ce n’est que mon avis à moi) des planchettes de “hausses buckhorn” (en forme de paire de cornes de buffle), monstrueux trous ronds (flèche bleue sur la photo ci-dessous) qui ont par leur simple existence déroutante épargné la vie de millions de bisons !

Le sabot de crosse — peut-être à cause de la très grande taille du levier de sous-garde — paraît moins disproportionné que sur les autres modèles de Winch Walther.


Ce sabot est démontable et permet de charger la bouteille de CO de 88 grammes ; d’après certaines reviews Youtube étasuniennes, on pourrait remplacer cette bouteille très onéreuse par un tube contenant deux sparclettes de 12 grammes ; moins d’autonomie mais belles économies en perspective. À vérifier ? À savoir aussi, les vieux modèles de Winch Walther possédaient deux sparclettes petites et non une grosse. [Mise à jour : un tube de deux sparclettes de 12 grammes passe en effet à l'aise ; attention, prendre le modèle court, de la taille environ d'une cartouche de 88 grammes.]



Pourquoi a-ton raccourci sur ces carabines le tube inférieur porte-cartouches, en réduisant donc l’autonomie réelle, mystère… Gagner du poids, gagner de la place ? Ces armes étaient-elles des “muskets” ou des “carbines” et non des “rifles” ? On sait en tout cas (Wikipedia) que le Model 1892 est préféré par les westerns d’Hollywood car, similaire en apparence avec les 1866 et 1873, il est moins cher et plus simple à trouver ! (The Winchester ’92 was commonly used in Hollywood Western movies and TV shows as a substitute for the Winchester ’66 and ’73 models because of its similar appearance, while being cheaper and easier to acquire.)

On sait aussi comment Steve McQueen a raccourci sa Mare’s Leg sans un atelier d’armurerie : la longueur du tube à cartouches était celle vue dans cette page, il a juste raccourci le canon !





Vous avez eu pour l’instant une idée du bien que je pense de cet engin ; un peu plus tard, je le tirerai au banc pour avoir une idée de sa précision et de sa portée. Il est très (trop !) silencieux au tir, et il ne faut pas croire les Allemands quand ils donnent leurs armes pour 7,5 joules ; en fait, c’est leur législation qui les enferme dans cette puissance petite, et l’étiquette serait la même pour une simple pétoire… À l’IWA, Walther aurait confié préparer des versions 10 et 20 joules pour les pays non teutons.

J’ai aussi oublié de préciser le poids (2,8 kg), la prise en main (magnifique), la prise de visée (instinctive)… Quant à la force à exercer sur le levier pour réarmer, elle est très faible, on peut tirer plusieurs plombs sans même perdre sa visée !

À bientôt donc… Amicalement, Doc Jidé




2 réponses

En attendant la suite… A cause de cet article de Doc Jidé, Je viens de regarder le film “Winchester 73” à la télé hier. Quelles belles nuances de gris on savait tirer des films en noir et blanc en 1950 !

Salut Jidé, la hausse est une hausse « buckhorn » (bois de cerf si je traduis bien), il s’agit de hausse dédiée a la chasse, ca doit se maitriser (je n’ai jamais réussi sur mon hawken).
Il faut prendre la visée dans le creux, et les cornes enserrent la cible, souvent un bison ou un wapiti surement bref des bestiaux de plusieurs centaines de kilos et pas la mouche d’une cible !!! Surement un « truc » de chasseur qui a l’époque permettait de prendre la visée trés rapidement avant que le gibier se barre.
 
J’avais aussi lu un truc qui disait que les buckhorn se réglaient originellement a l’inverse, c’est a dire que réglait la carabine pour que dans le creux on soit bon a une dizaine de mètre, comme ca on enserre vite la cible dans les cornes et on tire, et quand la cible est plus loin, il faut aligner le guidon sur un point imaginaire entre le sommet des cornes, ce qui fait relever le canon et tirer plus loin avec un minimum de précision.

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