Carabine Stoeger Atac Suppressor
(20 joules, piston à gaz, diabolo 4,5 ou 5,5 mm)

Par Jidé le 3 juil 2014



La carabine “piston à gaz” Stoeger Airguns
Atac Suppressor
de Philippe, vue par Jidé

Encore une opération de “gun-sitting” : l’heureux propriétaire m’a fait livrer par son armurier (un revendeur français ayant pignon sur rue) la carabine neuve, et il ne la verra que dans deux semaines (en ne comptant que les jours ouvrables :¬) après mes tests et leur publication ici même ; pour son abnégation, sa confiance et sa patience, il a déjà reçu 25 % du prix d’achat en cadeau !!!


Premières impressions

Expédié dans un pack prêt à tirer, au prix de 228 € FDP compris, avec lunette, cibles, plombs et un bon étui souple (seul le bipied a été acheté en sus, à 42 €), l’engin arrive vite et très bien emballé.

Jolie (son “look” met dans tous leurs états certains forums de wannabe), lourde (quatre kilos et demi en ordre de marche, 3,5 kg nue), en matériau plastique agréable au toucher… La forme de la crosse rappelle une carabine réelle dont le nom ne me revient pas. Appuie-joue prétendument découpé mais pas réglable en hauteur. Le sabot de la crosse est en caoutchouc doux. Le bec au-dessous et à l’arrière de la crosse est un pluss quand on tire au bipied avec la main faible sous la crosse.


Avant même que le montage soit terminé, un test est fait de LA DÉTENTE (jamais de tir à vide, bien sûr ! Toujours placer un diabolo, même avec les carabines à piston-gaz !).

Résultat : détente douce (elle ne gratte pas) et pas trop lourde, facilement contrôlable avec un peu de pratique ; mais course trèès longue et sans contrôle (bossettes… c’est une détente “filante”) ; cette longueur de course est réglable par vis. Tir très silencieux (encore une fois la cible fait tout le bruit)… La poignée pistolet ambidextre est de bonne forme, plutôt pour une main “mâle”.


Il y a une sécurité automatique qui s’enclenche à chaque armement ; on doit penser à l’effacer une fois l’arme en position ; elle se situe tout en bout de culasse. Je suis officiellement contre les sécurités automatiques pour les armes de tir, mais bon, pour une grosse puissance et un canon à brisure, mieux vaut trop que rien du tout. N’empêche que, une fois sur trois, on vise, on appuie comme un âne sur la détente, en apnée… et on se rend compte qu’on a oublié la sécu…



LA LUNETTE Stoeger est livrée toute montée sur ses anneaux, eux-mêmes étant assujettis par de grosses vis hexagonales, on n’a pas besoin de tournevis ni de clé Allen le premier jour !



Zoom de 4x à 16x, 4x étant réservé au “tir de combat” et 16x permettant du tir posé lointain, avec visibilité des trous que l’on fait… [N.D.L.R. Sur le modèle que je teste, la roue à tourner pour zoomer est très dure et ne tourne pas au-delà de 10x. Ça ne s'arrangera pas avec le rodage.]

Le réglage de focus, de mise au point (“parallaxe” en jargon français) se fait en bout d’arme ; ça ne dérangerait que des field-targetteurs, que cette lunette à première vue ne concerne pas…

Le réglage dioptrique donne une image excellente, que confirme la parallaxe (qui commence à dix mètres, bien vu !).

Le réticule à points Mil-Dot est trop épais mais bien dessiné, bien net.

Pas de pile pour illuminations inutiles.




LE BIPIED maintenant : de nouveau, pas besoin d’outil (tant mieux car on devra le démonter pour chaque déplacement, puisqu’il ne rentre pas, tout monté, dans aucune valise ou sac).

On connaît ce modèle, style FAMAS, le seul qui puisse être utilisé sur une carabine à brisure de canon. Il est ici utilisé de manière très rationnelle, avec un montage des deux petits rails Picatinny sur une partie très solide de la longuesse, et non sa partie flottante avant ; bon point !




C’est bien au bon endroit que les rails sont fixés (là en rouge et pas ici en bleu !) ; les pieds peuvent être réglés en hauteur sur cinq crans, indépendamment l’un de l’autre (flèche jaune).





Préparation au tir







Stoeger met le poids sur le silence (d’où le nom Suppressor) à grand renfort de dessins et de graphiques..

Savoir lire les décibels : une Stoeger X20 fait environ 98 dB ; une carabine à 95 dB (— 3 dB) ferait exactement deux fois moins de bruit ; à 94 environ la Suppressor fait donc à peu près trois fois moins de bruit que la X20…

En tout cas, ce qui nous, nous arrange c’est d’avoir cet énorme réducteur de bruit qui fait effet de levier pour le rechargement :¬).


À ce sujet, l’effort lors du réarmement est très grand, plus que toutes les 20 et 40 joules à piston-gaz que nous avons testées… Mais a) ça se passe (petit à petit) au rodage ; b) l’utilisateur trouve sa position idéale assez vite ; c) en tout cas, en tir assis, pas besoin de se lever pour réarmer. Clientèle au réarmement : ni garçonnets maigrichons ni jeunes filles en fleur ni vieillards valétudinaires !



L’armurier fournit dans son pack des plombs Gamo , des “Match” wad-cutter* de 0,49 gramme, et des “Pro Magnum” à bout pointu de 0,49 g également. Nous tirerons aussi des H&N Sport Field Target Trophy ronds de 0,56 gramme, et des RWS “Meisterkugeln” WC* carabine, de 0,53 g.




Les fameuses cibles de foire fournies avec l’arme seront utilisées pour une fois, car il y a un blanc central de la taille exacte qui nous intéresse.




Au banc de tir à 12,50 mètres


On avait installé un Jidétau* de fortune pour le préréglage de la lunette, avant le départ aux stands de tir :



Mais avec une telle puissance, il est difficile d’assurer un tir à chaque fois égal — ne serait-ce que parce que le porte-cibles (non conçu pour) bouge aussi sous le choc !… En tout cas les groupements étaient très mauvais.

On a quand même pu régler grosso modo la lunette, trouver le bon réglage de dioptrie, et on l’a fixée pour l’instant à 8x.

Il se confirme que la bague de zoom est très dure à actionner et qu’elle se bloque au-delà de 10x. Il y a une vis sur cette bague mais la visser ou la dévisser ne change rien…

Nous avons donc juste conservé l’appui avant pour les pré-essais en installant le bipied en lieu et place du Jidétau.





Appui simple à l’avant, 12,50 mètres


Deux premiers groupements, mauvais… 3 et 4, bof…



5 et 6 : formes bizarres, la largeur est presque idéale, la hauteur, c’est n’importe quoi… 7 et 8, bof.



Neuvième : un miracle ? 10 et 11 : ça remonte un peu… mais on décide d’abandonner les deux sortes de Gamo fournies dans le pack.



14 et dernier groupement de la longue-longue journée (car entre-temps on a dû installer et régler une autre lunette) : pas de quoi se vanter…



La prochaine fois (donc demain !), au stand, à 25 mètres…



Au stand à 25 mètres, sur notre traditionnel tablette accrochée au plafond, du tir “debout posé”…

L’échauffement n’est pas très convaincant… et le reste de la séance va être un peu pire ; au total avec 80 plombs des seules deux meilleures marques (RWS et H&N, pas Gamo) le visuel noir de la C-50 (de diamètre 20 cm !!!) ne sera touché qu’à 75 % (eh oui, car nous avions placé une cible officielle C-50 “de référence” sous ces petites cibles de foire.)

Le seul tir acceptable (1) est celui qu’on voit ci-dessous à droite…


(1) Vous allez me dire : “tu trouves ce groupement acceptable, toi ?” Mais dans la mesure où la seule chose que Stoeger nous précise dans ses prospectus c’est “vous toucherez un lapin à 30 yards”. Oui, on touche un lapin à 25 mètres mais c’est lamentable pour une carabine moderne de ce type, tirée au posé !





Dès demain, on emporte la Stoeger au 50 mètres.




Tir assis style bench, avec cric avant et coussin arrière ; par la suite, pour compléter le test, on changera pour le bipied à l’avant avant et rien derrière.


Après échauffement et réglage (à noter : très peu de clics de différence entre 25 et 50 mètres, la puissance d’une 20 joules (et donc la flèche de la ligne de tir) étonne toujours les non-initiés ; pourtant les 50 mètres sont déjà à la portée d’un pistolet Zoraki de 15 joules à canon de 10 pouces et les 25 mètres accueillent un pistolet Colt à CO de 3 joules à canon de 5 pouces, en lui conférant les mêmes scores que son homologue en calibre .45 — comme le savent les lecteurs de Jidénet !)

Après cette longue parenthèse, revenons à notre Stoeger. Voici donc un premier groupement (rouge) malgré une belle échappée* (flyer*), un autre (jaune, avec encore un flyer*)
Ici, on peut espérer que les bleues (les H&N) seront mieux que les jaunes (RWS) qui elles-mêmes enterrent les rouges (Gamo), mais les résultats restent dans l’aléatoire…

Et voilà (je vous passe toutes les cibles lamentables percées entre-temps pour ne conserver que les passables) la toute dernière bordée, une trentaine de RWS. Mes voisins commencent à me demander pourquoi je continue ?

Mais c’est ma Mission  j’irai jusqu’au bout : j’essaie les différentes formes de tir (lâche, comme avec les carabines à piston-ressort ; “trigger pinch”, comme avec les armes de bench ; bien calé, main faible sous la crosse, bipied, comme au gros calibre…).



Déception, donc, sur toute la ligne (et aussi dysfonctionnement de la lunette également de marque Stoeger).


Entendu sur “Radio-Stands” (c’est-à-dire les rumeurs courant sans contrôle sur le Net et sur les pas de tir) : les carabines Stoeger iraient du meilleur au pire, le contrôle de qualité étant mal ou pas du tout effectué… Comme avec les “fameuses” QB-57 ? De toute façon on se doute bien qu’à ces prix, ça ne sort pas tout droit d’un atelier pépère du Maryland…


Entendu (plus sérieusement) de la bouche de JV-09, le mécanicien en chef de Jidénet : “Jamais une arme ne devrait être utilisée, neuve, sans un démontage complet et une vérification.” La Gamo Whisper IGT de Philippe, testée il y a une semaine, et pourtant avec succès, a subi (au cours du remplacement de la détente par une Charlie) une telle opération de démontage-vérification ; une quasi invisible bavure d’usinage avait commencé à abîmer le joint du piston qui n’aurait pas tenu très longtemps sans cette intervention. Il y avait aussi des vis à resserrer…



La carabine Stoeger Atak Suppressor a été renvoyée, avec son accord, à l’armurier qui n’a fait aucune difficulté ; heureusement que ça n’était pas en Chine :¬)))

Un mot suivi d’un astérisque* ? C’est qu’il est défini dans
le Petit Dico de l’argot des armes de Jidénet !





Même groupement ce matin avec la Gamo Silent Stalker Whisper de notre ami Predex !


Amicalement, Doc Jidé




2 réponses

Bonjour — Sans vouloir paraître prétentieux ou autre, je trouve ce test de mauvaise foi, très critique envers Stoeger , et fait « a la va-vite »…
j’ai moi-même une ATAC en 4.5mm 23 J que j’ai vérifiée de part en part dès la réception, quelques petits défauts au niveau du synthétique (ce qui est bien dommage je l’avoue), mais rien d’alarmant ou de gênant pour le tir …
J’ai retrouvé des résultats similaires aux vôtres durant les 200-300 premiers plombs (plombs H&N FTT, Barracuda Power, Stoeger X-Magnum et d’autres…) ensuite après la prise en main terminée et le « rodage » de la carabine achevés (le dieseling joue beaucoup sur les Stoeger je trouve) , les groupements sont toujours les mêmes pour ainsi dire, et si il n’y a pas d »erreurs de ma part , aucun plomb ne dépasse le 9 sur les cibles de foires … ( un flyer par-ci par-là tous les 10-15 plombs … )
Après, de là à dire que toutes les Stoeger sont bonnes et précises, je ne m’avancerai pas jusque la , mais la X5 de ma femme et l’ATAC sont de bonnes carabines POUR LEUR PRIX ! Car il faut bien avouer, à ce prix, la concurrence n’est même pas présente pour ainsi dire — si on compare à Gamo par exemple , c’est limite du vol pur et dur ! La qualité est strictement la meme , mais le prix est plus élevé… (ça dépend des modèles).
À mes yeux, Stoeger est une bonne marque offrant des produits de qualité a qui souhaite s’initier au tir ou souhaitant bénéficier de produits avec un bon rapport qualité / prix pour du tir occasionnel sans se ruiner …
Et un avis a tous les possesseurs récents de Stoeger, ne vous fiez absolument pas au premiers plombs !!!! C’est les plus catastrophiques… (les résultats s’améliorent et se stabilisent après 300-500 plombs).
Et pour la prise en main, je trouve les meilleurs résultats avec une prise « lâche », plus je la tiens fermement et serrée, plus ça disperse… voila pour mes conseils.
Je suis loin d’être un pro, très loin… mais j’en ai marre de voir les gens sur le Net critiquer Stoeger inutilement juste parce qu’avant ils ont touché une Weihrauch, une Fein ou autre… J’ai toujours obtenu des résultats satisfaisants avec Stoeger du moment que je cherche la moindre optimisation et le pourquoi du comment si quelque chose ne va pas… et jusque-là, ça a toujours payé ! Sans aucun échange de carabine via SAV ou quelconques problèmes …
Cordialement.

Ðoc Jidé : “Mauvaise foi” et comparaison avec des carabines Fein hors de prix ? Si vous trouvez quoi que ce soit dans le genre sur Jidénet, je vous rembourse vos plombs de l’année !!! Un test d’un magazine portant sur 500 plombs et de la mécanique/optimisation, en revanche, ça c’est du jamais vu, je le concède…

Je profite de cet article et d’une remarque qui y a été relevée (en regard de la 5ème photo de l’article, à savoir : << Avant même que le montage soit terminé, un test est fait de LA DÉTENTE (jamais de tir à vide, bien sûr ! Toujours placer un diabolo, même avec les carabines à piston-gaz !) >>) pour réclamer à ce que soit enfin fait une mise au point définitive, claire et sans équivoque sur la question internationale : du tir à vide/ à sec ou pas ?

Ainsi, on entend de ci qu’il ne faut pas, et on voit de là que d’aucuns s’en donnent allègrement à cœur joie. Voilà donc, sans nul doute, un autre sujet à traiter qui ne réclame – depuis combien d’années ?! – qu’à être résolu et classé.

En guise de contre-exemples, je ne donnerais que deux cas, et non des moindres :

1) http://www.essai-armes.fr où Bottreau-Gillet percutent régulièrement des chambres vides

2) http://www.fftir.org/fr/video_de_la_formation au chapitre « Présentation des extraits du DVD N°2 PISTOLET » (point d’entrée séquence à 2′20″)

 

Et si on mettait enfin, une bonne fois pour toutes, les choses à plat…

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