Tirer chez soi en plein hiver (1) :
La Winchester raccourcie de Steve McQueen…

Par Jidé le 21 fév 2016




NOTE DE LA RÉDACTION


Dans cette rubrique “Tirer en hiver”, il sera question de remplacer pour quelques mois nos stands de tir balayés par la pluie et les frimas par un grenier, une cave, voire un douillet living-room…

Avec des armes peu puissantes et pas dangereuses pour l’environnement (meubles, murs…), et armes pas chères, le plus souvent indignes des pas de tir…





Pour la première page, nous avons choisi la Winchester tronquée de Au nom de la loi, un feuilleton des années 70 dont la vedette était, non pas Steve McQueen (dans le rôle de Josh Randall, le chasseur de primes au regard vide ), mais son arme, un bricolage (d’utilité discutable, non ?) qui est devenu célèbre…

Vous ne nous croirez pas quand vous saurez que notre engin tire des billes plastiques de 6 mm à la seule force d’un ressort bandé par son levier de sous-garde. C’est ce que l’on appelle un “spring airsoft” !



Une fabrication lourde (1700 grammes) et solide, un réalisme tout à fait suffisant… pour (nous le verrons ensuite) une précision très étonnante.



Aucun repère sur la ligne de visée, on doit tirer à l’instinct. Mais ci-dessous on devine ce qui pourrait être un bout de rail Dove* pour une optique…




… Quoique cet accessoire soit franchement ridicule dans le contexte .




Nous avons déjà dit : qualité des métaux et des bois (en plastique) ; ce serait une Winchester modèle 1873 mais on ne voit nulle part le nom du fabricant de ce modèle (japonais ?)…




À l’avant, sous le canon, à l’emplacement du tube-chargeur réel, on insère ce tube-chargeur contenant 14 billes. Deux tubes sont fournis. La manipulation des billes de 6 mm est une effroyable corvée (pire que les billes acier de 4,5) à moins d’avoir des “ongles américains” à bouts carrés comme c’est aujourd’hui la mode chez les people. J’ai résolu cette manipulation en me servant comme intermédiaire d’une éprouvette (flèche jaune) ; on remplit facilement l’éprouvette en faisant un entonnoir de son poing presque fermé ; puis les billes tomberont une à une, bien en ligne, de l’éprouvette au tube-chargeur tenu ouvert, presque à la verticale. Cette manipulation-miracle est tout à fait adaptée au chargement aussi des billes de 4,5 mm.




Les scores sont très étonnants !


Premiers tirs ; j’ai hâtivement fabriqué un porte-cibles de 0,75 de large sur 100 cm, deux épaisseurs de carton d’emballage sont suffisants pour arrêter une bille de plastique et empêcher (ou freiner) son traversement. [N.D.L.R. : alors qu'un centimètre de bois serait nécessaire pour bloquer tous plombs ou billes acier...]

À bras tendu, je me suis contenté d’une distance de cinq mètres. Ouiiiii ! On voit ici le résultats (dans le rectangle jaune)

  Je me recule donc à huit mètres, je me concentre encore mieux et j’obtiens le rectangle vert, encore meilleur. Je tire encore quelques “chargeurs” pour m’habituer surtout à la résistance du levier de sous-garde. La détente, en revanche, est très douce. Mais AUCUN organe de visée : c’est de la pifométrie, surtout dans le sens de la hauteur.

[Sur nos photos, une pièce d'un euro donne toujours l'échelle.]
Encouragé, amusé aussi, je tire “à l’épaulé” ; non, je vais plutôt dire “à la joue”… car la longueur du moignon de crosse permet de poser sa joue et de s’en servir comme on le fait d’une carabine normale.

Très beau groupement à dix mètres ! Mais nettement au-dessus du point visé — pas grave, cela se règle sur un airsoft grâce au “Hop-up*”, dispositif qui permet de faire partir les projectiles bien au-dessus du canon ; je n’ai pas perdu de temps à chercher où se situait ce réglage, je verrai ça plus tard …

(Tout savoir ici sur le Hop-up.)
 
… en admettant que je devienne un grand amateur du tir avec cette mini-carabine avant de la revendre…

Encore un très beau score, à dix mètres

Bien sûr, ce tir “à la joue” ne peut se pratiquer que parce que je suis en très faible puissance — avec du .30-30 ou du .44-40, j’aurais sûrement un oeil en moins  !


Ci-dessous enfin , à 12,50 mètres, distance maximale du “tir en chambre” dans mes locaux… Bien sûr la distance point visé-point touché s’est beaucoup rétrécie ; je dirais que 15 mètres sera sûrement la distance limite d’un tir raisonnable…


Dans la vie de tous les jours…




L’engin est superbe et très bien en main ! On pense aussitôt à s’acheter un étui fait pour Avec un tir à la “cow-boy”, les scores sont loin d’être ridicules : ce groupement ne fait que 26 cm de large (à cinq mètres ; le noir de la cible fait 50 cm) et notre ennemi est bel et bien mort ! En revanche l’action sur le levier de sous-garde (évasé comme celui de John Wayne) ne se fait pas comme dans les films, car c’est cet effort qui recharge l’arme et qui en plus bande le ressort, attendez-vous donc à bien tenir fermement en main faible* le canon de l’arme. Cela dit, le tir “comme dans les films” est une pure vue de l’esprit et ni une Winch en .22 ni une en .44 ne se manipule comme on le voit sur les écrans…



Entre nous : à quoi pouvait servir cette arme, nommée Mare’s Leg, “pied de jument” (?), voulue par Josh Randall ? En coupant le canon, il coupait aussi le tube d’alimentation, laissant (à vue de nez) moins de cartouches que n’en contenait un barillet de revolver Colt Peacemaker, qui est apparu la même année que la Winchester… Quant à réarmer avec le levier de sous-garde, le chien dudit Colt me paraît bien plus agréable… Seul avantage, alors : la longueur du canon ?



Les autres modèles qui sont ou furent disponibles





Il existe — mais visiblement pas destinés à l’Europe ! — des modèles tronqués d’origine , qui chez nous seraient catégorie B mais interdits de transport et de tir au holster, alors à quoi bon…

On vend aussi un modèle “PAK”, c’est-à-dire à cartouches à blanc ; hélas, son design est totalement raté…

Pour la petite histoire : le modèle original fait pour Steve McQueen avait été récupéré par Alain Delon, le célèbre cow-boy (?)…

En airsoft (mais à gaz en bouteille, beurk) un engin magnifique — pur bois et laiton — se pavanait dans les vitrines parisiennes il y a longtemps, pour l’équivalent de mille euros !



La carabine de Steve McQueen n’a pas échappé à l’oeil acéré de notre ami, le “Zombie Hunter” Lee Roy qui n’a pas hésité à sacrifier son vieux modèle Norinco chinois… Certes on rigole bien… Mais il n’a pas été bien sûr jusqu’à à couper aussi le canon, ce qui l’eût mené trop vite dans les geôles à cause de la sacro-sainte limite de longueur de canon… Trop court en revanche, le moignon de poignée qui ne permet pas (comme avec les autres dans cette page) de mettre en joue (au sens propre du terme) l’arme, pour la visée.





Les autres Winch qui ont mal tourné…


“Ah, si seulement le modèle tactique (en bas) n’était pas créé par Photoshop” , se plaignait il y a peu un internaute… On pouvait espérer échapper à cette vision d’horreur, mais “ils” l’ont fait : habiller de “m*rde” tactique une vraie Winchester, “ils” ont osé…



Voilà le travail




La suite bientôt… Amicalement, Doc Jidé


2 réponses

Tiens, tiens, tiens !!!
Est-ce que tu aurais abandonné ton association célèbre :



SANS RANCUNE !!!
 

Ðoc Jidé : Oui et non… !
Car il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis sept ans !!
Les airsoft d’aujourd’hui (pas tous !) sont fabriqués sur les mêmes moules que nos AC et fonctionnent au CO sans souci ; pour exemple j’ai eu deux race-guns UMAREX,

http://www.jidenet.com/reviews/ac-armes-de-poing/racegun-3/7526/

et j’ai pu acheter des chargeurs supplémentaires airsoft bien moins chers et bien plus disponibles ; et les chargeurs nombreux sont indispensables pour faire du TSV.
Et encore une fois, pour du TSV dans un living-room, je préfère de loin utiliser de la bille en plastique en 1 joule !!!/div>
Encore un avantage : pour le même modèle d’arme la sortie de la version AC se fait souvent un an (ou plus) après la version airsoft (le chiffre des ventes doit être de un à 100 ???)

Si certaines armes ont marqué mon inconscient d’adolescent au point de décider que plus tard, j’aurais les « vraies », celle de  Josh Randall est l’une de celles-ci… Steve MacQueen deviendra lui aussi un modèle mais plus en rapport avec son élégance iconique et sa prestance évidente. Hier était diffusé « Winchester73″ avec James Stewart, là aussi l’influence a été déterminante. Ces films chargés de symbole autour d’armes d’exceptions, faisaient des « dégâts » dans nos cerveaux amoindris destinés à devenir ceux de tireurs hystériques d’aujourd’hui. C’est du cynisme, cela va sans dire…  Merci Jidé une fois encore.

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