Le revolver Colt Python de Umarex
(CO2, 6 BB’s acier 4,5 mm, SA/DA)

Par Jidé le 17 août 2014







NOTE DE LA RÉDACTION


“Rolls-Royce des Colt”, “meilleur revolver au monde”, le Python est une légende, depuis 1955. Sa beauté originale, son bronzage mythique (noir ou juste ci-dessus en “Royal Blue”) font qu’il ne sera jamais copié, et surtout pas aux prix de l’air comprimé.

Il vaut s’avouer cela d’entrée de jeu et passer ensuite, l’esprit tranquille, à la review de l’excellent Python présenté par Umarex… et objet d’un sympathique “gun-sitting”*…



Le Python CO2 de Umarex (prêté par Jacques !)







C’est donc une peinture noire satinée qui a été choisie — mais ça n’est pas la première chose qu’on remarque au sortir de la boîte : c’est LE POIDS !

En réel le Python était connu pour être dur à tirer longtemps à une main, et pour “piquer du nez” en version 6 pouces et au-dessus. Sur le Umarex, le poids (en charge) est strictement identique au réel (vide) !

Ce modèle CO est proposé en 6 pouces, 4 pouces et même deux et demi (burp !) ! La plus jolie et la mieux équilibrée visuellement, c’est le 6 pouces, qu’on verra dans cette page. [N.D.L.R. — “CTG.” sur le canon signifie cartridge, cartouche.]

Il est aussi en CO des versions nickelées… qui seront beaucoup plus durables en action (la peinture noire est très fragile ; sortie de boîte, on voit déjà quelques scratches…), si on veut tirer au holster… mais le noir lui allait mieux. Des Python nickelés ont existé, et même des inox à la fin (1999).



La crosse choisie n’est non plus celle des années 60 en bois vernis (photo tout en haut de cette page), mais une plus récente et plus pratique, mieux en main, en simili-caoutchouc (sûrement une Hogue), très bien au tir. De beaux médaillons avec le colt (cheval sauvage) symbole de la marque…

Le poussoir de barillet (on devrait dire “tiroir” puisqu’on doit le tirer en arrière) propre à Colt (et dont personne d’autre n’a jamais voulu s’inspirer, d’après moi à juste titre) est bien reproduit, comme tous les autres détails…

Venons-en au défaut rédhibitoire des revolvers tirant des billes avec des simili-cartouches réelles.

Il n’y a pas la place pour mettre la “robinetterie” du gaz entre le culot de la cartouche et l’avant du chien ! C’est impossible ! Donc on va… étirer la carcasse !

Cette solution historiquement développée pour le Dan Wesson CO (premier engin à CO à vraies cartouches) n’était pas trop grave puisque le revolver Dan Wesson n’a pas existé en vrai ! Mais quand on l’a adoptée pour un Ruger Blackhawk et pour différents Smith & Wesson, alors là c’était la cata. La silhouette de ces armes était totalement alourdie et trahie par le trucage, et le chien se trouvait bien trop en arrière.

Je déteste ces revolvers, même si ils tirent très bien et que l’utilisation des cartouches “réelles” est un pluss qui ravit absolument tous les acheteurs !

Sur notre Colt Python (voir ci-contre les silhouettes : le Umarex et, en dessous, le réel) le dessin original tolère le trucage, surtout dans cette version noire. On n’est pas agressé immédiatement par ces centimètres carrés en surnombre… Mais peut-être mon amour du Python me rend-il aveugle ?







Quelques photos de détail

Ce Colt est fourni avec un système de cartouches rechargeables dans lesquelles on place les billes d’acier ; ce système a connu un phénoménal succès avec la série des Dan Wesson en 2010 ; on croit utiliser un véritable revolver avec son emmrdant mais réaliste rechargement.

Un “speedloader” est fourni qui permet d’insérer six cartouches d’un coup — pourvu qu’on se soit longuement entraîné ! Cet accessoire est totalement anachronique avec le Python et aujourd’hui pratiquement abandonné par les usagers (sauf nos revolvers à CO2 et les roulettes* pour le T.S.V.*).

Je vous invite à en apprendre pluss sur ce système sur notre page consacrée au Dan Wesson.


À gauche une cartouche vide, au milieu une bille a été posée, à droite la bille a été poussée (on doit entendre un petit déclic).

Un secret : on peut très bien recharger ces foutues cartouches sans avoir à ouvrir le barillet ni à les en ôter. Le revolver vide, tenu canon vers le haut, montre quatre bouts de cartouches, vides ; il suffit d’y poser quatre BB’s puis de les enfoncer avec le bout du doigt ; ensuite on fait effectuer un quart de tour au barillet pour ajouter les deux autres.



Voici l’entrée du canon  : on voit un “entonnoir” de cuivre qui à l’aide d’un ressort s’ajuste au mieux à l’extrémité des cartouches (dont l’extrémité est en plastique tendre) afin de minimiser les fuites à l’entrefer. Ce système de canon coulissant avait été inauguré en réel sur le revolver russe Nagant.

Le barillet qui s’extrait comme en réalité montre l’ultra-réalisme de ses cartouches…  Sur cette arme (qui n’a pas encore tiré !) on voit déjà quelques marques d’usure de la peinture ; il faudra la manipuler avec des pincettes ou bien retoucher de temps à autre au feutre noir mat…





Tous les détails sont finement moulés, ici le chien avec un bon grip… La hausse très honnête… Et (avocats étatsuniens obligent !) une sécurité manuelle (flèche ) bien sûr anachronique, mais très discrète !



Le guidon n’est pas un guidon de tir (dont l’avant serait vertical, on les appelle les Patridge sights) mais un guidon d’action (ramped sight, penté pour ne pas s’accrocher au holster ou aux vêtements). En revanche cette face pentée est striée afin d’empêcher les reflets.



Les marquages sont simplement peints en blancs au lieu d’être gravés. Ils sont fidèles à la marque et à l’époque (pas de “made in China” ou de “Lisez le manuel avant de tirer”…). Le “S” (flèche) montre que l’arme est en sécurité.



Le tour est fait ; tout est excellent et réaliste. C’est cette “bande ventilée” :



… qui a fait le look particulier du Python et qu’on ne retrouve presque sur aucune arme depuis ; rien qu’à la voir on reconnaît Yves Montand dans le film (au titre imbécile) Police Python 357 ou…



… Belmondo dans le Professionnel (qui le porte dans son pantalon, juste à l’endroit du bouton du jean, le canon visant droit sur les c…).

Le seul endroit du Python Umarex à ne pas photographier , le dessous de la poignée ! D’abord deux bons gros résidus d’injection plastique, et l’entrée de chargement de la cartouche de gaz. On utilise une grosse clé Allen (fournie) pour visser et percer la sparclette, et c’est la façon la plus fiable et rapide au jour d’aujourd’hui — on n’entend même pas un “pschitt”…

Demain, on tire.



Au tir : que des bonnes nouvelles !

À SEPT MÈTRES

À sept mètres (distance de “tir de police”), à deux mains (Weaver), vitesse “bourgeoise” (6 coups en à peu près 30 secondes), simple action (1) : wa-ouh, le tout tient dans un euro !

Bien sûr je ne tripoterai pas les réglages d’une arme neuve qu’on m’a prêtée, seuls les groupements m’intéresseront !!!


(1) Simple action (en abrégé S.A.) = je prends le temps entre chaque coup de tirer le chien en arrière ; la détente s’en trouve allégée.

Même distance, double action très rapide (2)… Presque parfait !

(2) Double action (en abrégé D.A.) rapide = on ne tire pas le chien à chaque coup, mais on appuie sur la détente très puissamment, en tentant de ne pas bouger.



La cible utilisée est une réduction à dix mètres de la (nouvelle) cible olympique V.O. ; on ne vise pas (pas le temps), on se contente d’aligner hausse et et guidon avec les deux lignes blanches latérales.

À titre de comparaison le même tir (mêmes conditions) avec un Smith & Wesson 327 TRR-8, présentant exactement les mêmes caractéristiques que le Python… sauf la détente et avec une visée à fibre optique bas de gamme qui ne marche que dans des conditions de luminosité idéales (non réunies ce jour, dirait-on).



Ci-dessous , les deux jumeaux :





Idem (7 mètres, D.A.) mais en tir lent ! On peut analyser le déport à droite comme de légers “coups de doigt” ; parce que la double action n’est pas faite pour un tir lent (3), mais avec de l’adréline (les “coups de doigt” sont toujours des départs faits sur un accès — un excès même ! — de réflexion).

(3) Double action lente = on ne tire pas le chien à chaque coup, mais on appuie sur la détente d’abord pour faire tourner le barillet et relever le chien et accéder à la bossette (un point dur qui signifie qu’on est prêt à tirer) ; une fois ceci effectué on se retrouve dans la position simple action, mais l’index a déjà beaucoup travaillé, donc le tir est moins bon — coup de doigt !
À sept mètres encore, simple action, tir lent, une seule main (“fédéral”) : pas mal (si l’arme était réglée on aurait beaucoup de mouches et le pire serait dans le 9).

L’arme est lourde mais pas au point qu’on fatigue… sauf à faire un match de 60 coups !!!


                    

Tous les tirs ont eu lieu “en chambre”, août oblige (mes quatre stands sont fermés).

À DIX MÈTRES

  À 10 mètres on abandonne la police pour le vrai tir ; et histoire de vider une cartouche de gaz presque neuve, on se défoule en tir rapide.



On a entouré de jaune la zone qui aurait été touchée si l’arme était réglée à notre goût (rappelons que c’est tout à fait possible via la hausse réglable, mais que par principe nous ne touchons pas une arme prêtée). Les résultats sont excellents, entre 84 et 94.


AU JIDÉTAU À 12,5 MÈTRES

Distance maximale en chambre ! C’est à Jacques, le futur propriétaire, qu’il sera laissé le soin de tester à plus longues distances (par curiosité)…

Le socle du Jidétau (voir ici la page de présentation de cet ustensile) est d’abord débarrassé des taquets (collés de façon légère, provisoire), destinés à l’arme précédente ; puis avec des chutes de différentes épaisseur on cale le Python afin qu’il soit fixe dans les trois dimensions, sans être pour autant empêché de vibrer et de reculer…





Le résultat tient l’euro. L’écart en largeur me fait supposer que le tir n’a pas été formidablement effectué : un “vrai” revolver (à barillet vraiment tournant, n’oublions pas que c’est une grande nouveauté en CO, et tout en rondeurs) n’est peut-être pas aussi à l’aise sur un étau de mon type qu’un pistolet stable et “carré”. Je ferai d’autres tests à ce sujet…


Fin : l’arme vient de repartir dans ses foyers… — Amicalement, Doc Jidé





Canon court, version chromée :


4 réponses

Merci pour cette review. Cela va sans doute être mon prochain achat. Accessoirement, il semblerait que la version chromée coûte 20 euros de plus que celle-ci.

Un autre achat qui me tente après ton essai : la carabine Black Ops Sniper. Mais pourquoi n’as-tu pas publié de photos des cibles ? Cette carabine est-elle imprécise ?

Autre question : vas-tu comparer la version à plombs du Dan Wesson avec la version à billes ?

Ðoc Jidé : Une version à plombs du Dan Wesson ??? Où ça, où ça ?????


Pour la version chromée du Python, c’est quand même un pluss vu la tenue dans le temps de la peinture noire… Pour la Black Ops, voir la page Black Ops… L’arme n’est pas imprécise !

Bonjour,
Le Python est à la mode on dirait, on va prévenir le WWF ;) … Gamo en a sorti aussi une série, idem pour BlackOps et surtout pour Crosman (4 et 6 pouces je crois, et full metal). On les trouve à moins de 100 euros, mais celui d’Umarex paraît en effet avoir de belles finitions.

Ðoc Jidé :
Pourrais-tu nous donner des références de pages web pour le Gamo et le Black Ops ? Je ne les pas encore vus ??? (On parle d’AC 4,5 mm naturellement…)

Références envoyées, mais ça n’apparaît pas !

Le Black Ops 6 pouces est « reviewé » sur Pyramidair.

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