Le pistolet P-08 Lüger
(CO2, BBs) de chez Umarex (“Legends”)

Par Jidé le 19 août 2013

Le premier arrivé, c’est le bas de gamme !


NOTE DE LA RÉDACTION


On attendait deux modèles de P-08 : l’un blow-back, l’autre tout-moulé… Encore un doublon imbécile que nous devons à la libre concurrence chère (dans toutes les acceptions du terme) aux mercantis à la vue courte !

C’est le bas de gamme qui est arrivé en premier ; il a de la chance, dans le cas contraire nous l’eussions peut-être laissé dormir sur les rayonnages.

Cette séries “Legends” comprendra aussi un Mauser C-96, mais lui sera en blow-back. Il y aura aussi un Makarov, ce que le logo composé en gothique allemand (écriture Fraktur d’avant 1941) ne laisse pas supposer. Remarquez que le mot Umarex ne figure pas en bonne place, mais une simple “réserve” blanche, l’imprimeur de la boîte ne savait pas encore qui allait le vendre…






Sur la boîte les icônes quasi normalisées et maintenant célèbres :

Cartouche de CO de 12 grammes

Billes d’acier de 4,5 mm

Tout en métal

Capacité 21 coups

Système D.A.O. (une précision rare de la part des fabricants : cela signifie que l’arme doit obligatoirement tirer en double action, l’index du tireur effectuant tout le travail mécanique de réarmement du chien, et ce pour tout le chargeur, pas seulement pour la première cartouche. Le poids et la course de cette détente seront donc pénalisants.

Remarquez le petit dessin “DAO” représentant un chien aller-retour alors qu’il n’y en a pas, de chien, et laissant supposer que l’arme est en S.A. (“simple action”, avec possibilité d’armer avant le tir et d’avoir ainsi une détente de qualité), ce qui est tout le contraire.

Trop souvent hélas on nous présente la D.A.O. comme un pistolet semi-auto, ce qui est une petite escroquerie. Au fait, la D.A.O. existe-t-elle sur des armes à feu réelles ? Oui ! Pour des motifs ultra-sécuritaires et “anti-bavures”, beaucoup de P.A. destinés aux administrations sont ainsi rendus inaptes au tir de précision. Les “administratifs” sont trop sensibles au stress, disent leurs supérieurs.


Dans le tableau ci-dessus sont reprises ces caractéristiques, agrémentées de nombreuses fautes d’orthographe. Ceux qui écrivent n’ont pas plus de culture que ceux qui dessinent les icônes !

Est aussi spécifiée la vitesse (125 m/s), ce qui se traduit par 2,7 joules. Ainsi que la longueur du canon, 4 pouces et demi (c’est le plus court canon de tous les Lüger). Bien sûr il n’est pas rayé, mais on a fait ces dernières années des gros progrès avec les canons lisses…

La visée est typique des P-08 : la hausse (fixe) est en forme de “v” et le guidon est en forme de “v” renversé ; pour viser, on place les deux l’un dans l’autre et quelques amateurs aiment bien ça ; à la guerre ça devait être plus coton !

Le poids est celui du real steel* ; quoique tout moulée la silhouette est bien rendue, seule la détente ne ressemble en rien à celle, très originale, du vrai Parabellum.

Le prix est léger, 80 euros chez l’ex-cel-lent vépécéiste français ARPROTECH.

Un mot suivi d’un astérisque* ? C’est qu’il est défini dans
le Petit Dico de l’argot des armes de Jidénet !



Au tir, vite ! (à 12 mètres)




La cible C-50 a été placée à 12 mètres ; les tirs ont été exécutés assez vite ; dans le carré bleu : les mauvaises surprises dues à la détente ; dans le carré rouge, on voit que je commence à m’habituer…

D’autres tests plus sérieux sont à venir.


Revue de détails
avec la collaboration photographique de « Boris »


Ci-dessus une mise en couple futuriste : notre Lüger d’aujourd’hui (en haut) et le futur blow-back de Gletcher, ASG ou autres…

Le “nôtre” devrait être assez moche comme la plupart des bas de gamme tout-moulés, mais non : c’est même étonnant que les détails, dont surtout la glissière et sa genouillère, soient inertes ; le moulage est très bien fait. La couleur est brillante, c’est un noir mélangé d’une pointe d’argent.

Alimentation en CO et en billes, très traditionnelle :


Un design intelligent du chargeur de billes , qui ne tue pas l’aspect du bas de chargeur !





Le curseur de retenue du ressort de chargeur peut se bloquer dans un ergot : adieu les ongles de pouce abîmés quand les concepteurs ne pensent à ce détail…

Aïe, la visserie du chargeur de CO est fondée sur cette saloperie de manette à ressort : si vous lâchez la manette (ce que vous devez faire pour la tourner) pendant que vous vissez la cartouche, elle se rétracte et si c’est au moment du perçage de la sparclette, pfffffff, le gaspard !!!




La sécurité est untra-réaliste !

Elle se manipule d’un doigt et montre bien le mot allemand Gesichert (en sécurité) quand elle est active et un point rouge quand on peut tirer.


Le système de visée (qu’on aime ou pas !) est également très proche de l’original, ainsi que le guidon (respectivement un “v” et un “v” inversé)… (J’aurais cru le guidon plus fin, mais je n’ai pas de P-08 sous la main pour être affirmatif.)






La gravure des inscriptions est quasi inexistante : on sent que le fabricant ne savait pas encore qui allait écouler sa fabrication ni où…


La détente est définitivement moche et cela est dû à sa fonction, double : il faut qu’elle ait de la place pour faire de la D.A.O…

Voir plus bas une détente de Parabellum réelle…


Les petits pluss qui manquent…

Évidemment la culasse mobile (si, si, le canon recule, voir photos ci-dessous ), et le fameux système de réarmement à genouillère, un système incroyable et inimité !

Pas que des avantages, d’ailleurs : cher à fabriquer (embêtant pour équiper une armée), sensible à la saleté (dommage pour les tranchées), et fragile (aujourd’hui si vous avez un vrai Lüger d’époque, ne lui faites pas avaler des munitions de 9 mm actuelles étiquetées Parabellum mais trop costaudes, faites pour des P.M. — dans le même ordre d’idées, les munitions pour le MAT-49 par exemple ne se tirent pas dans des vieux pistolets MAC-50).


Court recul du canon

La détente aussi est inimitable : elle entoure l’index même vers l’avant ! Pourquoi… ?



Ce qui ne manquera pas dans l’avenir : des versions à différentes longueurs de canon… Il a existé des Parabellum en différentes longueurs :

— court, pour l’armée de terre allemande, modèle 1908 ;
— moyen, pour la marine avec une minuscule hausse réglable ;
— longue, pour l’artillerie avec véritable hausse de fusil (graduée jusqu’à 600 mètres, il me semble) ;
— des modèles commerciaux crossés “carabine” de grand luxe…





Le saviez-vous ? Le Parabellum a participé aux essais de l’armée américaine, essais qui ont été conclus par l’adoption du Colt Government en 1911. Le pistolet allemand était bien entendu chambré en .45 Auto pour l’occasion. Il en reste encore pour les collectionneurs, et on en refabrique aujourd’hui aux U.S.A. (tout inox !) Certains prétendent que l’écart ne fut pas grand lors de la décision de choix final au début du siècle. [Source : Wikipedia (en anglais)].

À voir : des holsters* américains d’époque pour le Lüger…



Les petits pluss qui manquent (suite) :

Des fausses douilles (je plaisante !) — en plus, on ne dit pas des douilles mais des étuis*…



Le “militaria” ne manquera pas : on trouve des étuis*, anciens ou des reproductions ; des crosses adaptables pour en faire une carabine (d’ailleurs les glissières pour accueillir la crosse amovible existent sur le modèle CO Umarex), des chargeurs à grande contenance dits “escargot”, et cetera…


Quelques appétissantes photos de Lüger crossés et d’escargots sont visibles ici, tirées par votre serviteur…






Tirs : au calme et en précision


Une fois qu’on a pris en main le système de visée avec ses deux “v” inversés et surtout qu’on a à peu près apprivoisé la détente (une grande expérience est exigée), on peut tenter des cartons meilleurs à une distance de sept mètres qui me paraît idéale pour cet exercice :



Malgré les organes de visée fixes et sans faire de contre-visée voici un beau 49/50 et un honnête 96/100  ; le trou à l’extrême-droite est sans doute dû à un mouvement de grève de l’index droit exténué.

En fin de gaz, le bruit au tir tombe brutalement mais même en insistant avec 4 billes (et donc 4 “plops”) on ne descend guère trop bas en cible


Le graillage est un vrai plaisir, le ressort pas trop puissant se bloque pendant qu’on charge ; le trou (flèche bleue) est comme il faut, et un chargement à l’éprouvette se fait en 3 secondes maxi.



Re-belote à 12 mètres , comme lors de la prise en main. J’appelle ça un bon résultat ! Il suffirait d’une légère contre-visée… J’ai tiré les billes sept par sept comme avec un vrai 9 mm…



Conclusion : le pluss, il tire bien. Le moins : la “pas-blowback” !


Amicalement, Doc Jidé


4 réponses

Dans la série des « Legends » en gothique allemand,  il y aura aussi une US M-1, pas gothique non plus… ;—)

Ðoc Jidé : Merci, tu apportes de l’eau à mon moulin !!!

En tout cas cela ajoute du réalisme – si je me souviens bien, ce Luger était réputé de se bloquer un peu trop souvent.
 

Ðoc Jidé : En fait je me suis fait engueuler par le vendeur (mais il a réparé gratuitement), j’avais utilisé « une » bille cuivrée parmi les autres en acier du chargeur ; elle a coincé…

J’avais acheté un Crosman C11 chez eux et, erreur fatale, des BBs Gamo en plomb qui ont bloqué totalement le pistolet. Ils m’ont réparé ça vite fait, mais les sites qui vendent ce genre de BBs devraient mettre un avertissement car visiblement elles ne font pas exactement 4,5 mn (ou alors c’est leur poids qui provoque l’enrayement).

Ðoc Jidé : Les billes de vrai plomb, conçues pour un nombre infiniment petit d’A.C., sont plus grosses que les BBs acier ; des armuriers trop nombreux — et à boycotter — emploient le terme odieux “billes de plomb en acier” !

Bonjour, pour info (et pour ceux qui comme moi n’aiment pas les « tout moulés ») GSG vient de sortir son modèle 08 existant précédemment en airsoft, recanonné en 4.5mm, c’est un full métal Blow-Back,avec culasse à l’arrière en fin de chargeur(chargeur deux en un : « co² et bbs »)
Il est fabriqué par KWC à Taïwan,mais surtout ne coûte que 99 Euros et est dispo sur les sites Allemands tels que Schneider ou Ostheimer.
Enfin sur le site SOF (Soldiers Of Fortune),lui aussi situé en Allemagne,vous trouverez le même modèle baptisé Parabellum et distribué par Gletcher(que vôtre gentil traducteur Google vous appellera « Glacier »), et qui coûte dans les 119 euros.

Ðoc Jidé : Je vais tenter d’échanger mon fixe contre un blow-back !!!

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