Le pistolet Daisy Powerline 5501 (CO2, BBs, blow-back)

Par Jidé le 7 jan 2012



Un blow-back qui ne court pas les rues…

Arrivé des States dans un blister comme un Crosman, ce pistolet Daisy a bénéficié d’un achat groupé pour minimiser d’énormes frais de port (50 %) ; il a coûté 65 USD soit l’équivalent de 50 EUR. Ce prix comptera dans la balance pour la suite de cette page !

Cet envoi groupé servait aussi à tester un nouveau fournisseur d’outre-Atlantique, AirArmSports, qui a été fiable mais aussi très smart sur ce coup, en ayant la présence d’esprit de noter comme gift (cadeau) le colis et en minorant son prix total…

En revanche le transporteur privé s’est conduit comme d’autres transporteurs privés, chers, stupides et fainéants, n’ayant même pas eu le courage de taper mon code de porte et de sonner… Il repartait, m’ayant noté “absent”, quand mon concierge l’a alpagué. On va être dans de beaux draps quand la Poste publique aura disparu !

Arrêtons de blablater raisonnablement contre le libéralisme déraisonnable et intéressons-nous à l’arme


Pourquoi l’ai-je acheté ? D’abord parce qu’il est rare, Daisy est même totalement non représenté en France, pire que Crosman… Parce qu’il est bon marché… Mais surtout parce qu’il est blow-back* ! En fait, sans le faire exprès, je me retrouve en train de collectionner a) les armes blow-back*, b) les armes à air précomprimé à levier manuel (pas les piston-ressort que je hais), c) les revolvers (air, poudre noire ou 357…).



Rappelons qu’une arme blow-back* se recharge toute seule (après le premier tir et pour tous les suivants), grâce à l’action mécanique d’une partie du CO2 ; avantages : une détente très légère, un recul (on dit un kick) réaliste ; inconvénients : une consommation plus grande de gaz, et le fait que ces armes soient presque toujours à billes et canon lisse, donc peu précises.



Le Daisy 5501 est petit — de la classe du Colt Defender :


… lourd (700 grammes, ce qui veut dire beaucoup de métal), beau (bicolore avec une carcasse pas inox, ni alu, mais agréablement satinée)… À quelle “vraie” arme ressemble-t-il, dur à dire : les pistolets “armée-police” de ce genre, conçus sur ordinateur sans souci de design, sont légion aujourd’hui, il s’en crée un par semaine… [Selon COAirguns, le modèle serait le Taurus Millenium Pro brésilien... Allez le voir, moi ça ne m'a pas convaincu.]



Le chargeur ne contient pas le gaz (solution moderne et de loin la plus réaliste et agréable) mais il est facile à grailler* : on bloque le ressort vers le bas (flèche jaune ) en le maintenant avec un doigt, et on laisse tomber les BBs dans le trou (flèche bleue). Quinze coups : comme un vrai.

Made in Japan (!!!), inscriptions en allemand (???) et américain : l’habituel bla-bla juridique, mais peu visible et qui ne défigure pas l’engin.

La prise en main (en mains, plutôt) est un régal. Le métal est si doux qu’il en paraît chaud.


Comment ça se tire ?




Il n’est pas courant d’utiliser une telle arme de combat à une main ( photo 1) : aujourd’hui, les techniques (les modes !) ont changé et on ne voit plus guère que les matcheurs pour garder la main faible* dans leur poche.
À deux mains (position Weaver*, bras pliés, photo 2), la main forte* est surtout chargée d’appuyer sur la détente, c’est la main faible* qui supporte le poids (vertical), le recul (vers l’arrière) et la remise en batterie (vers l’avant). Pour insister sur ce dernier point, certains posent un doigt en avant du pontet (photo 3), qui pour cela est plat et strié. À mon avis, cela ne concerne que les très gros calibres. Notez que c’est une mauvaise manie de mettre le pouce faible* sous le pouce fort*, ça devrait être le contraire, mais je le sens comme ça.



Le même, vu de plus loin … La stabilité dans cette position est incroyable, on forme une véritable carabine avec sa crosse ! Notez que, dans un environnement de combat, on ne ferme pas un oeil sur deux. Toute l’acuité est nécessaire, et le relief.


La cartouche de CO2 une fois percutée (une petite giclée d’huile de silicone d’abord ; et utilisation d’une fine pièce de monnaie obligatoire) et le chargeur graillé, on tire en arrière la culasse.
Flop : la glissière ne coulisse pas plus d’un centimètre et ne fait pas “clac-clac” !

L’arme n’a pas un fonctionnement de type Colt Government (simple action) ni Walther P-38 (double action) ; possédant un chien caché, elle est de type D.A.O. (double action only, double action obligée). À savoir que la première balle (mais aussi toutes les autres) doit être tirée par un fort appui sur la détente…

Bon, bad news, mais ça aussi c’est la mode.

N.-B. — Effet de mode obligé, qu’on pourrait résumer ainsi : il faut toujours pluss de polices, de soldats, de vigiles, de gros bras, de “violence légale”. Ces miliciens, on n’a évidemment plu le temps de les former, ni physiquement (comment se servir de son arme, placer les pieds, les bras, les mains, les yeux ?) ni psychologiquement (quand tirer ? sur qui ? pourquoi ?).
Une solution facile face aux bavures des combattants novices et apeurés est de doter les armes de gadgets anti-tir : multiples sécurités, “protocoles” draconiens, holsters à clé, et aussi poids terrible de la détente. À plus de cinq kilos sur une phalangette, la police new-yorkaise (à l’origine du concept) supposait que ses keufs stressés ne pourraient pas enfoncer la détente ou s’ils y arrivaient ça ne blesserait pas la cible. Dans les livres et magazines d’armes U.S., ces détentes pour haltérophiles sont graduées de “NY” à “NY+++”, NY signifiant New York…
Mais dans ces conditions, comment nuire aux hors-la-loi armés, vous demandez-vous ? Simple : en finançant, en supplément, des forces “spéciales”, raids, swats et autres “agences gouvernementales”…
En revanche, comment un tireur confirmé se débrouille-t-il avec un pistolet D.A.O. ? Il tire la première balle (perdue et inutile de toute façon à cause de la détente) en l’air ou dans le sol, et se concentre sur les suivantes !
Les anecdotes citées ci-dessus sont extraites de la presse et de livres, et ne reflètent pas toujours les opinions de Doc Jidé :¬)


Revenons-en aux faits ! On voit aussi que la glissière ne comporte pas de trou d’éjection des étuis, même un factice (ce qui est rare).



Le Daisy est D.A.O. tout le temps. Sa détente est bonne mais donc longue et pas trop lourde (< 2 kg), la culasse a une action courte. Cela dit, et grâce à ça, le kick est plutôt bon, et le gaz est économisé (j’ai tiré tout l’après-midi avec la première et même sparklette*).



Je parlerai demain des résultats en cible, très bons jusqu’à dix mètres dans cette gamme de prix et pour un matériel de type combat (“M&P”, comme on dit, military and police).

Les documents fournis dans le blister et son enveloppe même sont fort intéressants, pédagogiques. Le nom de tous les éléments :



les caractéristiques (je les traduirai bientôt), et un mode d’emploi détaillé que j’ai lu — une fois n’est pas coutume ! — pour savoir à quoi servait une pièce excédentaire… Elle sert à boucher le haut du chargeur quand on garnit le bas car, si on lâche par inadvertance le ressort bandé, c’est la giclée de BBs assurée ; belle et bonne arme, jusqu’aux détails !).





Caractéristiques


Sur la photo commentée en anglais , on voit le cocking indicator, indicateur de chien armé (les armes à chien non apparent ont toujours un repère indiquant que celui-ci est armé prêt à tirer, ici c’est un repère rouge) ; le decock button, bouton de désarmement (puisque le chien n’est pas apparent, il faut une solution pour le remettre au repos) ; le clip release pour éjecter le chargeur ;



le clip (chargeur) de 15 billes ; la safety, sécurité, qui est vraiment utilisable (ça n’est pas toujours le cas sur les armes A.C. !), avec un repère rouge marqué “F” pour fire ; le side lock, arrêtoir de culasse, juste pour faire beau, sans fonction réelle ; l’accessory rail, rail bas Weaver* pour accessoires (laser, lampe, bipied, poignée tactique, baïonnette… pas de lunette ni de red dot*).

Quant au tableau des caractéristiques, il précise : action semi-auto blow-back à emprunt de gaz CO2 — calibre 4,5 mm — visée fixe — sûreté manuelle à blocage de gâchette — canon lisse en acier — distance maximale de tir : 192 mètres (ah, ah, ah, ces avocats ricains !), en réalité cible pistolet tirée-touchée à dix mètres et, selon premiers tests, maximum 15-20 m — longueur 17,25 cm — poids 660 grammes à vide (soit 700 g prêt à tirer). Rien sur les mètres/seconde ni sur la puissance. Allons chez Pyramydair pour la trouver, elle fait trois joules.
Très bon site web où l’on voit aussi les avis des clients, quatre à cinq étoiles…



La suite bientôt… Amicalement, Doc Jidé


2 réponses

Tu n’a pas des soucis avec la dernière bille du chargeur?

Ðoc Jidé : Oui, quand on enlève le chargeur, la dernière bille tombe par-terre !

Il me botte bien celui la!

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