“Autorisations” : mode d’emploi


Le parcours du tireur voulant tirer
avec des armes, d’épaule ou de poing,
de catégorie B (ex-1re et 4e catégories)


Cette page ne concerne que les tireurs français en France métrolitaine ; elle est à jour en mai 2016 ; la nouvelle législation a été mise en place le 30 juillet 2013, avec la parution du décret d’application n° 2013-700 (visible ici même), MAIS IL N’Y A PAS D’URGENCE À LA REFONTE TOTALE DE NOTRE PAGE, PEU DE MODIFICATIONS SONT ESSENTIELLES… Les informations nouvelles sont marquées d’une flèche  .

En bas de cette page vous trouverez bientôt d’autres directives concernant les autres catégories d’armes : “déclaration”, “enregistrement”, ou simple pièce pièce d’identité prouvant la majorité.

Tout d’abord, avant même de noyer les forums sous des questions à la noix (eh oui…), trouver un club (pas trop loin de chez soi, car on doit tirer le plus souvent possible, même seulement une heure), s’y rendre après rendez-vous téléphonique, y “sentir” le climat, les horaires (les horaires réels, qui sont parfois différents de ceux affichés, bénévolat oblige), les vacances, les armes acceptées, les calibres maximum, la longueur des pas de tir, le type de munitions interdites (magnum ? plomb ? blindées ? poudre noire ?), les tarifs. Le club loue-t-il des armes à ses membres ? Des casques anti-bruit ? Leur vend-il des munitions, des cibles ? Par la suite, est-on obligé d’y acheter ses munitions (et ses cibles !) et à quels prix ? (Inférieurs ou hélas supérieurs aux prix du marché ?)

Tirer quelques semaines dans ce club en “visiteur” pour vérifier l’ambiance générale (l’accueil peut aller de “gentil” à “normal” en passant par “je-vous-fais-la-gueule les trois premiers mois, je ne parle qu’à mes copains”, le bruit sur les pas de tir (bavardages des tireurs, qui peuvent raconter leurs vacances en hurlant — étant donné qu’ils portent un casque anti-bruit qui les rend sourds), la… convivialité (sympa, ou hautain, politisé, élitiste, voire avec compétition obligatoire)

Selon ce que l’on cherche, choisir un stand de tir réellement “sportif” (armes réglementaires, cibles réglementaires, calibres réglementaires…), ou un stand laxiste (apéro avant et après les séances, voire pendant), ou encore un stand “l’argent d’abord” où l’on peut tout faire moyennant finances et où l’initiation passe, non pas par l’air comprimé sous surveillance, mais par le .357 Magnum ad libitum à 75 euros par séance…

Monter un dossier : identité, preuve d’adresse, photos, certificat médical d’aptitude au tir sportif (établi par votre médecin habituel), éventuellement (selon la direction du club) casier judiciaire vierge (bulletin n° 3, à demander via Internet)

* Le bulletin n° 3 ne comporte que les condamnations pour crime ou délit à un emprisonnement de plus de deux ans sans aucun sursis (ou dont le sursis a été entièrement révoqué), les peines d’emprisonnement inférieures à deux ans si la juridiction a ordonné leur mention au bulletin n° 3, les interdictions, déchéances ou incapacités sans sursis pendant leur durée, les peines de suivi socio-judiciaire ou d’interdiction d’exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs pendant la durée de la mesure.
Il est possible de demander au juge qu’une condamnation ne figure pas au bulletin n° 3 (celle-ci demeure inscrite cependant sur les bulletins 1 et 2).
Ce bulletin ne peut être remis qu’à l’intéressé lui-même, ou à son représentant légal.
Pour les personnes ayant la nationalité française, la demande peut être faite directement et gratuitement sur www.cjn.justice.gouv.fr. [Source : Wikipedia.]


Trouver éventuellement (selon les clubs) un ou des parrains

Inscription dans le club (paiement au club + paiement à la F.F.T., Fédération française de tir + éventuellement, la première année, surcoût de droit d’entrée au club). Dans les clubs “familiaux” (ouverts que le week-end, tenus par des bénévoles), et dans les clubs “pro” (ouverts tous les jours, tenus par des salariés), les tarifs annuels vont du simple au décuple — le pire étant la première année

Au cas où vous voudriez vous inscrire dans deux stands (ou plus) par exemple parce l’un est à côté de chez vous mais interdit la carabine gros calibre ou ne fait que 25 mètres, les deuxièmes clubs vous coûteront moins chers car la F.F.T. (dont l’assurance) n’est payée qu’une fois ; on appelle cela “s’inscrire en second club”. Toutes les formalités légales (carnet de tir…) devront se faire dans le premier club.


Obtention immédiate d’une licence provisoire puis, en six mois maximum, de la licence (format carte de crédit), qui sera renouvelée annuellement (vers septembre)





Faire tamponner et signer immédiatement la licence par son médecin ; la signer également soi-même

Fin du cursus commun à tous ; à partir d’ici, on parle seulement des autor’ de détention catégorie B



Car il y a, en gros, trois types d’armes au point de vue légal :
— les “libres” : air comprimé, poudre noire, reproductions, collection… Seul présupposé : la majorité et une pièce d’identité
— les “déclarées” : carabines monocoup ou à répétition, quel que soit le calibre
les “autorisées” : de catégorie B, ce sont les pistolets ou revolvers quels qu’ils soient (nombre de coups, longueur, calibre), et les carabines semi-automatiques ; seules celles-ci nous concerneront ci-dessous

Dès votre inscription au club, environ trois-six mois de tirs à l’air comprimé, puis avec des armes à feu du club ; les responsables surveillent du coin de l’oeil ou encadrent plus sérieusement,
selon le savoir du tireur et le “sérieux” des responsables (qu’on a déjà évoqué en bien ou en mal en début de page)

Passage du certificat de contrôle des connaissances, petit examen écrit (cases à cocher) portant essentiellement sur les règles de sécurité et le vocabulaire ; attention : questions vicieuses, s’y préparer en discutant avec les responsables du club ; quelques clubs (encore une fois) négligent cette formalité

Demande d’ouverture d’un “carnet de tir” qui sera tamponné par le club trois fois par an lors d’un “tir de contrôle” (réel ou bidon, voir encore ci-dessus ; ces tirs seront espacés de deux mois ; ce carnet de tir est dorénavant gratuit (décision fédérale), mais certains clubs continuent de le facturer de 4 à 6 euros

Quand le carnet est rempli de trois tampons , on demande au club la « feuille verte », c’est l’autorisation préalable, signée du président du club et de la FFTir. Attention, cette formalité peut prendre jusqu’à un mois





Monter un 2e dossier : identité, preuve d’adresse, photos, certificat médical d’aptitude au tir sportif daté par votre médecin depuis moins de quinze jours, carnet de tir à jour, “feuille verte”, “justificatif de détention d’un coffre-fort ou d’une armoire forte” (pour y ranger armes et munitions), CERFA de demande d’acquisition d’armes ; + un extrait d’état civil “avec mentions marginales” (à réclamer à votre mairie de naissance)

Énorme réforme : ce dossier est dorénavant envoyé au service des armes de votre préfecture départementale (envoi par lettre recommandée avec accusé de réception) et non plus au commissariat ou à la gendarmerie ; cependant les services de police interviennent toujours indirectement : selon les endroits, entretien-interrogatoire avec procès-verbal (entre autres : questions sur précédents psychiatriques, famille, métier, grade au service militaire…) et/ou enquête de voisinage

Lors de l’enquête policière il est arrivé qu’on demande à un candidat de présenter des fiches de paie. (La licéité de cette demande est évidemment contestable ; mais faut-il se mettre à dos la gendarmerie pour un “détail” comme celui-ci ? À vous de voir.)

Lors de l’enquête policière il est possible que la police demande à voir votre coffre-fort lors d’une visite domiciliaire sur rendez-vous (ça n’est pas un ragot de comptoir : Doc Jidé y est passé deux fois ces deux dernières années. On ne vous demande pas d’ouvrir le coffre, sa présence est suffisante ; un “force de l’ordre” peut demander à le prendre en photo)

Aller choisir ses armes dans les armureries… on peut éventuellement y réserver une arme, la payer mais la laisser dans le coffre-fort de l’armurier — pas très longtemps… On ne peut en aucun cas utiliser cette arme où et quand que ce soit, même dans le stand de tir de l’armurier (“trafic d’armes” !)

Attendre de 40 jours à trois mois (voire un an dans les départements “sensibles”) environ le retour de la préfecture des autorisations de détention, par lettre recommandée

Dans les 90 jours suivants, acheter les armes (car les autorisations se périment !) Exceptionnellement et sur justification, on pourra demander une courte prolongation.

Renouveler la licence tous les ans, et toute sa vie (sinon revente immédiate obligée des armes, à 15-50 % de leur prix d’achat) ; maintenir à jour le carnet de tir toute sa vie

Renouveler les autorisations préfectorales (montage du même dossier et dépôt à la préfecture) tous les [ cinq ans avec la nouvelle loi, et toute sa vie.

Voilà, c’est tout ; soit une vingtaine d’étapes, courant sur deux ans environ. J’espère n’avoir rien oublié (sinon, me le dire !!!).

Si les lecteurs désirent pluss de détails, ou se heurtent à des cas spéciaux, qu’ils me e-mailent. On tentera de répondre.


Le magazine Cibles a fait paraître début 2014 un numéro spécial sur la nouvelle loi et les nombreux aménagements qu’elle va nécessiter. On y verra qu’après 36 mois d’angoisse et de ragots de comptoir délirants, les nouvelles dispositions sont globalement en faveur des tireurs sportifs honnêtes.


Amicalement, Doc Jidé